‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 410 sur 550 · II. LÉGENDE ARGIENNE D'HÉUACLÈS. — SES DOUZE TRAVAUX · texte numérisé non relu

II. LÉGENDE ARGIENNE D'HÉUACLÈS. — SES DOUZE TRAVAUX

liéraclès, après s'être souillé à Thèbes du sang de ses enfants, alla à Delphes, nous disent les mythographes, pour s'y purifier*. Là, il reçutdu dieu Tordre de se rendre à Tirynthe et de s'y mettre au service d'EurysIhée pour une période de douze années. Les épreuves auxquelles va le soumettre un maître impitoyable ont donc le caractère d'une expiation. Celte idée, essentiellement grecque, de l'expiation sert ainsi de transition entre les deux parties essentielles de la vie du héros; elle a été évidemment introduite ici par les mythographes pour expliquer comment la légende change désormais de théâtre. C'est à Thèbes ou en Béotie que s'est écoulée sa facile jeunesse ; c'est à Argos ou en Argolide que va commencer la pénible carrière de son âge mûr. Dans les combats successifs qu*il aura à soutenir, il sera tour à tour aidé ou contrarié par certaines divinités de l'Olympe ; il aura parmi elles des amis ou des ennemis. Avant de le montrer aux prises avec les monstres que lui suscite Eurysthée, il est donc utile, pour achever de nous éclairer sur son caractère primitif, de rechercher les rapports de haine ou d'amitié qui l'unissent à d'autres dieux.

Son ennemie la plus acharnée, celle qui l'a soumis dès sa naissance à l'empire d'Eurysthée, c'est liera, l'épouse de Zeus. La déesse jalouse et querelleuse, qui trouble le ciel, qui y déchaîne les tempêtes, la mère de Typhaon, monstre de Torage, ne peut être, en elfet, que l'adversaire du héros solaire. Héraclès a également contre lui', en vertu même de sa nature, Hadès le roi des enfers, personniGcation de la nuit. Mais il a dans son parti deux divinités puissantes qui offrent avec lui une certaine affinité : Athèna et Apollon. C'est Athèna surtout qui l'assiste dans ses périls. « Jupiter ne se souvient-il pas, dit-elle, dans Vlliade^ combien de fois j'ai sauvé son fils? Écrasé sous le poids des travaux que lui imposait Eurysthée, il poussait des gémissements vers le ciel; aussitôt Zeus m'envoyait de l'Olympe pour le secourir^. » Athèna est pour Héraclès une protectrice aussi attentive qu'elle Test pour Ulysse et pour Persée : à ses côtés dans les combats, elle y est encore après la victoire dont elle lui donne le prix, tandis qu'elle s'occupe, par des soins délicats, à réparer ses forces épuisées. La tendre sollicitude d'Athèna pour Héraclès est attestée par plusieurs vases peints archaïques* où les artistes se sont fidèlement inspirés des traditions

i. Apollod., II, 4. 12.

2. lliad., y, 595. Le liéros blesse llaclès de ses Ilèclies, comme il blesse liera (V, 392).

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