Annal Intl. Ànk.. 1851, p. 45-tS
S. Voir suriout StC|iliaiii. Comiilei-Ttnihii ô. llalIcr-WicscliT, l. 1, pi. X\.
489 ÏÏTHOLOGIE DE LA GRËCB ANTIQUE.
s'engage ; mais bientât d'autres dieux s'interposent entre les combattants et les séparent. Cette intervention a pour effet la réconciliation du dieu et du héros qui, à partir de ce jour, comme Hermès et Apollon après s'être disputé la possession de la lyre, deviennent d'escellents amis. Or, le mythe de la dispute du trépied indique clairement qu'Uéraclès et Apollon avaient, originairement, au moins une attribution commune: celle du don prophétique. Comme le dieu de Delphes, en effet, le héros thébain eut ses oracles dans certaines régions du la Grèce'. Comme lui il était un dieu sauveur, un dieu 'Al%^ly.xv.o<; qui détourne loin des hommes les mau^ qui les accablent; comme lui encore, il était un dieu purificateur, qui avait donné lui-même l'exemple des purifications en sercndant à Delphes après le meurtre de ses enfants. Ces analogies suffisent à prouver qu'Héraclès et Apollon furent d'abord deux dieus de nature semblable ; dieux de provenance diverse dont le culte s'est un jour rencontré sur les mêmes points de la firèce. La religion du dieu de Delphes ayant acquis la prééminence, Héraclès réduit au rôle de héros, fut subordonné par les Grecs à Apollon : il devint son serviteur fidèle et le défenseur de son culte '. Mais, malgré cette dépendance, le souvenir de sa parenté avec lui se conserve dans les traditions qui nous le montrent uni par des liens d'amitié au dieu pytliicn. Comment ne pas observer en outre que, si Apollon est l'archer divin dont les flèches atteignent et frappent de loin, Héraclès a eu pendant longtemps le même caractère? Dans VOdyssée, Héraclès rivalise, au jeu de l'arc, avec les immortels eux-mêmes*. Dans la Nekuia, le poète nous représente les ombres des morts qui fuient, comme une troupe d'oiseaux effarés, à l'approche du héros tenantà la main son arc nu où est tendue une flèche toujours prête '. L'arc a donc élé l'arme primitive d'Héraclès, comme l'attestent encore les monnaies de Thasos (lïg. 158), et ce n'est sans doute qu'à partir de Stésichore et de Panyasis que les poètes et les artistes lui mirent en main cette lourde massue qui lui sert à écraser les monstres auxquels Eurysthée le force à s'attaquer.
La servitude d'Héraclès n'est pas une fable isolée dans l'ensemble de la mythologie hellénique. De même que le héros est soumis aux ordres d'Eurysthée, Apollon «st le serviteur d'Admète, Persée obéit