‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 414 sur 550 · Mythol. ofthe Aryan Nations, II, 45, n · texte numérisé non relu

Mythol. ofthe Aryan Nations, II, 45, n

tètes, l'hydre habitait le marais de Lerne, sur les bords du golfe d'Argos, d'où elle s'élançait pour détruire les troupeaux et les moissons. Son souftle empoisonné infectait toute la contrée; il suffisait de le respirer pour mourir. Héraclès, envoyé à sa rencontre par Eurysthée, arrive à Lerne, escorté de son fidèle compagnon lolaos. Il descend de son char et va chercher Thydre près de la source Amymoné qui lui servait de retraite. Là, il lui décoche des flèches enflammées qui la font sortir du marécage; il s'approche et, de sa massue, s'efforce d'abattre les têtes du monstre ; mais chacune des têtes coupées en fait renaître deux. Le héros appelle alors lolaos à son aide. Celui-ci met le feu à la forêt voisine, et, avec les brandons enflammés, brûle successivement les têtes naissantes de l'hydre. Héraclès coupe la dernière et l'enfouit dans le sol. Il plonge ensuite ses flèches dans le venin du monstre, venin qui les rend mortelles*. — Ce mythe a été souvent interprété, dans l'antiquité et chez les modernesS comme un mythe local dont l'explication se trouvait dans la nature de la contrée où les Grecs en plaçaient le théâtre. L'hydre ou serpent d'eau n'est autre chose, diton, que le marais de Lerne, alimenté par des sources nombreuses qui sont les têtes du dragon : le souffle empesté du monstre, son venin désignent les miasmes du marécage. En été, sous l'ardente action du feu solaire, les sources tarissent, le marais se dessèche; l'hydre est vaincue par Héraclès. Explication qui serait très- vraisemblable, si Ton pouvaitcroire que ce mythe est né dans l'imagination des anciens habitants de TArgolide et qu'il n'a pas une plus lointaine origine. Quelquesuns de ses détails montrent sans doute qu'il s'est de bonne heure localisé ; mais ne trouvons-nous pas, en Grèce et ailleurs, des fables du même genre qui doivent dériver toutes d une source commune ? La lutte dlléraclès contre l'hydre ne diffère pas essentiellement de celle d'Apollon contre Python, de celle d'Indra contre le serpent Ahi. Or, dans la mythologie védique, cette lutte est celle de Ig lumière contre l'obscurité, celle du soleil contre les nuées pluvieuses, noirs serpents qui se déroulent dans le ciel d'orage, où ils revêtent mille formes, où leurs têtes redoutables renaissent sans cesse, jusqu'au moment où elles sont toutes consumées par le feu du dieu.

Des phénomènes analogues avaient trouvé leur poétique expression dans les récits arcadiensdu combat d'Héraclès contre le sanglier d'^Érymanlhe, contre les Centaures du Pholoë^ contre les oiseaux de Stymphale. Là encore, certaiuN éléments locaux se mêlent, dans une proportion difficile à déterminer, à l'héritage antique de fables tradition-

1. ApoUoii., II, 5, 2. llygin., fa6., 30. Pnusan., II, 37, 4; V, 17, 11.

2. Scrv. Virg., /Sn., VI, 287. Preller, Griech. Myth., II, 193.

Jm MYTHOLOGIE DE LA GRÈCE ANTIQUE.

nelles. Il n'est pas impossible sans doute que les anciennes populations de TArcadie aient désigné parTimage du sanglierla rivière mcmed'Erymanthe. En hiver et au commencement du printemps, celte rivière est un torrent furieux qui, grossi par les neiges des hautes montagnes où il a sa source, se déchaîne dans l'étroite vallée de Psophis, qu'il inonde et qu'il ravage avant de se jeter dans l'Alphée. Héraclès qui poursuit la béte, qui la précipite dans un ravin rempli de neige où il finit par se rendre maître d'elle et à l'enfermer dans un filet pour la rapporter vivante à Mycènes* serait alors le soleil d'été qui, en desséchant les eaux, enchaîne la fureur des torrents. Mais cette fable doit avoir une portée générale, si Ton considère la signification du sanglier dans d'autres mythologies que celle de ia Grèce. Dans le Rig-Véda, Rudra, père des Maruts ou des vents, est invoqué comme un sanglier céleste; les trails de la foudre s'échappent du nuage orageux sous la forme d'un sanglier aux dents de fer, monstre qui est vaincu par Indra* . Dans la mythologie du Nord, Wodan, dieu de l'orage, a un sanglier à ses côtés ; dans l'Edda, le char de Freyr est conduit par le même animal ; personnification du vent tempétueux qui accompagne l'orage céleste, en même temps que, sur terre, il ravage tout dans sa course violente 5. Les croyances populaires des Grecs avaient conservé le souvenir de cette signification mythique du sanglier. Pour le voyageur et le navigateur, le sanglier était, disait-on, signe de pluie et de tempête ; il était également de funeste présage pour le laboureur^. Il semble donc raisonnable d'admettre que le sanglier d'Ërymanthe enchaîne par Héraclès, comme le sanglier de Calydon tué par Méléagre, était à l'origine le monstre de l'orage vaincu par le dieu solaire *.

A la légende de la bête d'Erymanthe se rattache, chez les mythographes, le combat d'Héraclès contre les Centaures : les deux aventures appartiennent à la même expédition et se confondent dans le même travail. Le héros, allant à la chasse du sanglier, reçut, sur le mont Pholoé, l'hospitalité du centaure Pholos. Celui-ci, pour faire honneur à son hôte, ouvrit un tonneau de vin excellent qu'il tenait en réserve et qui lui avait été jadis donné par Dionysos. Héraclès s'abreuve à longs traits du divin nectar. Mais le parfum qui s'en exhale s'est épandu dans toute la contrée : il attire les Centiiures qui accour^^nt des montagnes voisines, réclament leur part de la boisson et

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