‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 415 sur 550 · Cf. le sanglier qui fait périr Adonis · texte numérisé non relu

Cf. le sanglier qui fait périr Adonis

assiègent en tumulte la demeure dePholos. Armés de rochers énormes, de pins déracinés, de torches enflammées, aidés par leur mère Néphélè qui verse des torrents de pluie, ils engagent la lutte contre le héros. Celui-ci leur lance une grêle de traits et des brandons de feu : il tue les uns, met en fuite les autres qu'il poursuit de ses flèches jusqu'au capMalée*. Peu de mythes offrent une signification aussi claire que celui-là. Les Centaures, comme nous le verrons plus tard, sont, les démons de Torage qui s'amasse autour des pics des montagnes, dont ils sont les sauvages et monstrueux habitants. Héraclès recevant l'hospitalité de Pholos, c'est le soleil entrant dans la nuée vaporeuse où il semble s'abreuverduliquidequiy est enfermé. Mais bientôt cette nuée, isolée d^abord, en attire d'autres venues des sommets voisins, qui s'amoncèlent, qui assiègent la retraite où est caché le soleil, qui y déchaînent l'orage, jusqu'au moment où les rayons de l'astre vainqueur transpercent ses ennemis, les chassent et les dispersent aux extrémités de l'horizon.

Dans la même contrée, on attribuait au héros la deslruction des oiseaux merveilleux du lac Stymphale. La vallée, de Stymphale, encaissée entre do hautes montagnes, bassin élroit et fermé où les eaux ne trouvent d'issue que par un catavothre, est, à la fonte des neiges, complètement inondée : il s'y forme un lac, ou plutôt un marais qui sert de retraite naturelle aux oiseaux d'eau. Si ce dernier détail explique comment la fable s'est localisée en cet endroit, il est bien évident que les Stymphalidcs ont une signification purement mythique. Ce sont des oiseaux monstrueux, nourrissons d'Ares, qui lancent leurs plumes comme des flèches, qui ravagent et souillent les fruits du sol, qui se repaissent de chair humaine*. Ils offrent un certain rapport avec les Harpycs et doivent sMnterpréter dans le même sens. Héraclès qui les met en fuite, est donc le dieu solaire qui chasse les noirs oiseaux de l'orage, les vents de tempête à la fureur destructrice».

Les montagnesjarcadiennes avaient été le théâtre d'un autre travail d'Héraclès. La biche du mont Cérynée que le héros doit rapporter vivante à Eurysthée a été consacrée à Artémis par la nymphe Taygétè : elle a des cornes d'or et des pieds d'airain ; elle est infatigable. Héraclès la chasse, une année durant, par monts et par vaux; il la poursuit jusque chez les Hyperboréens. Là, l'animal fatigué, au lieu de continuer plus loin sa course, reprend le chemin qu'il a déjà suivi et

1. Apollod., II, 5, i. Diod.,ÎIV, [12. Sur Ihospilalité donnée par Pholos à Hercule, voir Panyasis, IVa^rm. ap. Slob., Florit., XVIII, 2.

2. Diod., IV,fl3. Apollod.,' II, 5,16. Pausan., VIU, 22. Serv. ad Virg., jEn,, 710,300.

3. CI". Schwartz, Ursprung der Mythologie, cap. rv, Du Vogelgottheilen, p. 199 sqq.

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revient enArcadic où il se réTugie dans le sanctuaire d'Artémis. Mais Hcrnclès Unit par la surprendre sur les bords du Ladon (lij^. 139) : il vu la tuer quand Apollon et sa sœur interviennent pour sauver la vie de l'animal'. La consécration de la biche de Cérynéc à Artémis, dont elle est la compagne ordinaire sur plusieurs monuments de l'art grec, indique suffisamment le sens de cette légende. Il n'est pas douteux, comme le remarque Preller', que cette biche merveilleuse aux cornes d'or, qui fuit devant Héraclès pour revenir ensuite à son point de dt'part, ne désigne la lune du ciel arcudien; lune considérée comme l'olijet de la poursuite du héros solaire.

La fable des écuries d'Augiiu nettoyées pai- Héraclès, était localisée en Ëlide. Dans VIliade, Augias est un roi d'Elis, un prince des , Êpécns, renommé pour sa richesse.

Il a pour fille n la blonde Agamèdè qui connaît toutes les vertus des plantes que nourrit la'vaste terre » et qui compose avec leur suc des breuvages magiques^. Cette enchanteresse appartient à la même famille mythologique que Circè. lille du Soleil ; comme celle-ci, elle est une déesse lunaire. Qu'est-ce qu'Augias, le lils d'Ilélios, le liéros « étincelaiil », aux regards rayonnants*, sinon le soleil lui-même? Comme son père, il possède d'innombrables troupeaux de bœufs et de moutons, parmi lesquels douze taureaux, consacrés à Hclios, taureaux blancs comme des cygne?, et dont l'un, qui porte le nom expressif de Phaéthon. brille comme une étoile. L'étable où ils étaient infurmcs élail encombrée d'un fumier épais qu'Héraclès reçut l'ordre de nettoyer en un jour. Leliérosy parvint en perçant une ouverture dans le mur de l'étable à travers laquelle il fit passer un fleuve, l'Alphée, loPénée nu leMénios. suivant les différentes traditions.

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Fig. 1». -

t. Pind., Olymp.. III, 2» sc|.|. el Scliul. ï.m-,p., lim.iii biaa., 100 Mf^. 2 Grifch.. Mj/»An(.,|l, lor..

^. lliad., XI. 751).

i. Apulloil., I], r>, 5. Sc-IhiI., Apollon., 1, 172

-. fur.. 37.V Ap..1l»l . Il, S, 3. C«l-

Augias, qui avait promis de donner à Héraclès la dixième {partie de ses troupeaux, lui refusa cette récompense quand il sut (|ue le héros n'avait fait qu'exécuter les ordres d'Eurysthée \ En mettant à part ce dernier détail qui se reproduit dans la fable d'Apollon seiwiteur de Laomédon,la légende. nous montre dans Héraclès le héros solaire dont l'action purificatrice s'exerce sur l'atmosphère. Les troupeaux d'Augias sont, en effet, ceux du soleil lui-même, c'est-à-dire les nuages, enfermés pendant l'hiver dans l'élable du cieP où s'amassent et s'accumulent leurs immondices. Au retour du printemps, un jour suffit au puissant héros pour laver leur souillure. Ses rayons ouvrent l'élable; ses torrents de lumière balaient les noires vapeurs et rendent au ciel son éclatante pureté.

Les ti*avaux d'Héraclès qui nous restent à examiner n'ont entre eux aucun lien déterminé et ont chacun pour théâtre des contrées différentes. Nous nous bornerons donc à les exposer en suivant Tordre tra* ditionnel.

La septième des épreuves imposées au héros par Eurysthée est la lutte contrôle taureau de Crète^ qu'il doit rapporter vivant, comme les autres animaux qu'il a déjà vaincus, à Mycènes. Ce taureau, sorti de la mer, était un don fait à Minos par Poséidon. Le dieu, voyant que le roi ne voulait pas lui offrir ce taureau en sacrifice, rendit furieux l'animal, qui devint la terreur du pays. Héraclès, ayant abordé en Crète, obtint facilement de Minos la permission d'attaquer le tau* reau et de le capturer, s'il pouvait. Après une lutte pénible, il parvint à renchainer et l'emporta sur son dos à travers la mer jusqu'en Argolide'. Ce taureau qui traverse les flots avait rappelé aux anciens la métamorphose de Jupiter enlevant Europe; mais il s'en faut que co rapprochement soit exact. Le taureau pacifique et doux qui emporte la vierge brillante de Phénicie en Occident n'a évidemment pas le même caractère que le taureau sauvage qui désolait la Crète, et qui, mis en liberté par Eurysthée, ravagea tout le Péloponèse pour venir se fixer ensuite à Marathon, où Thésée seul sera capable de le dompter. Si le premier éveille l'image du soleil amoureux de la lune qu'il enlève à l'orient, le second, monstre suscité par Poséidon, désigne au contraire l'orage né de la mer, qui se déchaîne avec d'effroyables rougissements sur les cotes de Crète, d'où il est chassé et emporté dans la direction du nord par l'action triomphante du soleil .

1. Apollod., /. cit. Diod., IV. 13. Pausan., V, 1, 7. Thcocr., IdtjU., XXV.

*i. M. Dréal (Hercule et Cacus^ p. 15) fait remarquer que le mot go, dans la langue védique, dési<;ne à la fois a In vache » et « le nuage. » De là, le double sons de gotra, qui veut dire à la fuis t écurie » et t ciel. »

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