‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 416 sur 550 · A|H)llod., II · texte numérisé non relu

A|H)llod., II

On plaçait* en Thrace le théâtre de la fable des cavales de Diomède. Celui-ci est un fils d'Ares, un roi de la peuplade guerrière et sauvage des Bistoncs. D'après la légende, ses cavales furieuses et indomptables mettaient en pièces les étrangers qui étaient jetés à la côte par la tempête, et se repaissaient de leurs chairs sanglantes. Héraclès, chargé de les ramener à Mycènes, s'embarque avec une troupe de volontaires pour cette expédition. Il aborde en Thrace, se rend à l'écurie de Diomède, tcrrasse^^les serviteurs qui la gardaient et emmène les cavales sur le bord de la mer. Cependant les Bistones accourent en armes ; un combat s'engage où ils sont vaincus par le héros et ses compagnons. Diomède, resté parmi les morts, est donné en pâture à ses propres chevaux*. Or, la Thrace où se passe cet événement est, dans la mythologie grecque, la patrie d'Ares, deLycourgos ennemi de Dionysos^ le séjour de Borée. 11 est donc probable qu'il faut voir dans Diomède le roi de la tempête et dans ses coursiers anthropophages les souffles violents de Touragan, qui, en se déchaînant sur la côte et la mer de Thrace, soulèvent les vagues, brisent les navires, tuent les hommes qui les montent, et dont la fureur ne peut être enchaînée que par le héros solaire ',

La fable de la conquête de la ceinture d*Hippolytè occupe la neuvième place dans la série des travaux d'Héraclès. Cette fable, localisée en Asie Mineure et sur les bords du Ponl-Euxin, n'est chez les mythographes qu'un épisode de l'expédition du héros sur le continent asiatique. Sur les bords du Thcrmodon, près de la ville de Thémiscyra, était établie, nous disent-ils, la peuplade de femmes guerrières qui portent le nom d'Amazones. Leur reine, Hippolytè ou Mélanippè, possédait comme insigne de sa royauté une ceinture qui lui avait été donnée par Ares. Cette ceinture fut convoitée par Admète, fille d'Euryslhée, qui chargea Héraclès d'aller la chercher. Celui-ci s'embarque avec plusieurs autœs héros dont les plus illustres sont Télamon, Pelée et Thésée. Il touche d'abord à Paros où régnaient les fils de Minos, venge sur plusieurs d'entre eux la mort de deux de ses compagnons, emmène les autres en otage et aborde chez les Mariandyniens dont le roi Lycos était en guerre avec les Bébryces. Le héros se met du parti de Lycos, auquel il attribue, après la défaite et lamortd'Amycos, la possession de la contrée où s'élèvera un jour la ville d'Uéraclée du Pont. Il conduit ensuite son expédition au port de Thémiscyra, où il

1. A|)ollod., II, 5, 8. Diod., IV, 15. La légende assurait que dans cette lutte, le jeune Abdéros (Cf. la ville d'Abdère) avait l'té tue par les chevaux. Prciler voit dans Abdéros, fils d'Hermès, aimé d'Héraclès, une personnification de l'étoile du matin (?).

Page 1