‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 418 sur 550 · Theog., ▼. 287 sqq · texte numérisé non relu

Theog., ▼. 287 sqq

2. Cf. yi^ipu^, voix, ^on.Voir G. Curlius, Grundz. d, Griech. Etym.y p. 162, 2*édil. Poil, Zeitichr, fur Vergl. Sprachfonchung, VII, 94; IX, 187.

3. Hercule et Cacus, p. 64 sqq. Cf. Chez les Perses, le combat d'Ormuzd et d*Ahriman; dans les Niebelungeii, la victoire de Siegfried sur le ferpent qui f^ardait les ti*é!»or8 du roi ^inin;ç (roi des nuages).

important de la fable de Géryon. Elle n'explique pas le clioix du théâtre de la légende. Certains témoignages nous la montrent localisée à l'occident de la Grèce, soit près d'Ambracie, soit dans le voisinage d'Apollonie en Epire*; mais rien ne prouve que ces traditions soient antérieures à celle qui nous a été transmise par la Théogonie. Or, d'après le poète hésiodique, c'est a au delà du fleuve Océan » et du côté de l'occident qu'Héraclès va chercher Géryon ; la contrée où habite le géant, celle où paissent ses troupeaux est l'ile d'Erythia. Le nom de cette île, comme la couleur brillante qui est attribuée auxgénisses\ exprime ridée des feux rougeâtres du couchant et des teintes purpurines que revêtent à l'horizon les nuages éclairés des derniers rayons du soleil. Ces détails nous mettent sur la voie d'un mythe nouveau, qui aurait été distinct à l'origine de celui qui vient d'être indiqué, mais qui se serait combiné plus tard avec lui. Les vaches, dans la poésie des Aryas, ne sont pas toujours les eaux des nuées célestes, elles sont aussi les nuées elles-mêmes. Dans la mythologie hellénique, les troupeaux éclatants d'Hélios désigiient souvent les jours lumineux. Telle serait aussi, dans notre hypothèse, la signification des vaches que va conquérir Héraclès. Elles personnifieraient les brillantes lumières que dérobe le redoutable géant de la nuit, qui sont enFermées dans une noire caverne sous la garde d'Orthros, le chien à deux tètes, le double crépuscule. Hercule va les chercher à l'occident, là où elles ont disparu, il les enlève en tuant les puissances des ténèbres, il les ramène le matin à l'orient. Le mythe peut avoir eu aussi la signification plus générale de la victoire remportée par le dieu éclatant du printemps et de Télé sur le monstre grondant de l'hiver, qui a volé les beaux jours : ce qu'indique peut-être le rapport de la légende de Géryon avec celle d'Alcyoneus. Comme Géryon, celui-ci est un être au corps immense et gigantesque, un des acteurs ordinaires de la Gigantomachie des champs Phlégréens; comme lui, il possède un troupeau de génisses qu'il a enlevées à Hélios; comme lui encore, il est un adversaire d'Héraclès*. Les monuments qui représentent cette lutte (fig. 140) nous montrent le héros debout, et assisté d'Athèna, dirigeant son arc et son épée contre Alcyoneus renversé, qui, d'unemain défaillante, laisse échapper sa massue et semble gagné par un invincible sommeil ; sommeil que personnifie un génie ailé qui enchaîne ses membres^. Alcyoneus, c'est

i. Ilecat., fragm.,345. Skylax, Peripl., p. 26. 2. Apol*od., II, 5, 10.

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