‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 419 sur 550 · ApoUod.. I, 6, 1. Pind., hthm,^ v. 32. Dissen · texte numérisé non relu

ApoUod.. I, 6, 1. Pind., hthm,^ v. 32. Dissen

4. Mûller-Wicsclcr. Denkm, d. AH, Kunsl, II, n» 873, 881. Ce gcnic, dans la figure reproduite ici, est peut-être la kèr de la mort.

4M HÏTHOLOGtE DE LA GRÈCE ANTIQUE.

le géant de l'hiver, condamné à l'impuissance et frappé de mort par le dieu solaire*.

Le mylhc de l'expcdition d'Héraclès contre Géryon a été surtout développé par Diodore de Sicile et par Apollodore *. Le récit de ce dernier parait le plus conforme des deux à la tradition grecque. Suivant lui, le héros, après avoir traversé plusieurs contrées sauvages de l'Europe, aborde en Libye dont il suit les côtes dans la direction de l'occi-

dent. Il franchit le détroit de Gadès. Arrivé à Taricssos en Ibérie, il érige, comme témoignage de son passage d'Afrique en Europe, une colonne sur chacun des deux conltnc])ls. Importuné dans son voyage par la chaleur excessive du soleil, il tend son arc contre Ilélios. Celui-ci. admirant son audace, lui prête, pour traverser l'Océan, une coupe d'or, celle -la même ofi le dieu se plonge pour descendre dans les profondeurs delà nuit; image identique à celle de la couche dorcctjuile transporte Btir le cours de l'Océan du pays des Ilcspérides à celui des Ëthiopiens. Le voyage que fait Héraclès à la recherche des troupeaux d'Ërythia est donc analogue à celui qu'Hélios accomplit pendant la nuit d'occident en orient. Arrivé au terme de fa route, le héros campe sur le mont Abas (l'inaccessible). Le chien Orlhros qui l'aperçoit s'élance contre lui. Mais Héraclès le frappe et l'assomme de sa massue ; il tue ensuite le bouvier Eurytion accouru à la défense du chien. Cependant Ménoitès qui près de là faisait paitre les troupeaux d'Hadès ' avertit Géryon de ce qui se passe. Le géant atteint Héraclès au moment où il enlevait les génisses, engage la lutte contre lui, mais ne tarde pas à tomber percé des flèches du héros.

1. Iiili>r])rù1atlon de Prellcr, Crircli. Mylli., il, p. -20'.

a. Diod.. IV, n fc|q. Apollod., II, S, 10.

3. Ce» Iroiipciui d'Uadès sont sans cloulc ]es nuit», con:iiiu lus jourB nul Jos troupeaux

Le retour d'Héraclès, qui devait avoir pour les Grecs l'attrait de tout récit de voyages lointaius, se complique d'un certain nombre d'aventures. Le héros, vainqueur de Géryon, s'embarque avec le troupeau qu'il a conquis, traverse de nouveau l'Océan, aborde à Tartessos et rend à Ilélios la coupe que celui-ci lui avait prêtée. Pour rentrer à Mycènes, il n'aura plus à franchir que la mer Ionienne; son voyage sera en trèsgrande partie un voyage de terre. Des traditions qui attestent la diffu* sion de la légende héracléenne dans tout le bassin de la Méditerranée, nous font voir le héros traversant l'Ibérie, le midi de la Gaule, arrivant chez les Ligures où il tue les fils de Poséidon qui avaient essayé de lui dérober ses génisses, passant en Tyrrhénie, de là dans la contrée ou s'élèvera Rome plus tard et qui est le théâtre de la légende italique de sa lutte contre Cacus. Quand il arrive à Rhégium, un de ses taureaux saute dans la mer, passe le détroit et aborde en Sicile où Éryx, fils de Poséidon, le mêle à son propre troupeau. Héraclès ayant confié la garde de ses vaches à Héphaeslos, court à la recherche de son taureau qu'il trouve dans les étables d'Éryx ; mais celui-ci ne veut le lui rendre qu'à la condition d'être vaincu par lui à la lutte. Le héros terrasse trois fois son adversaire, le met à mort, emmène son taureau et le pousse avec les autres vers la mer Ionienne dont il franchit le détroit. Quand il est sur les côtes de Grèce, Hèra envoie un taon qui affole le troupeau ; les vaches se dispersent jusqu'aux montagnes de Thrace. Héraclès les rassemble à grand peine, les conduit vers rilellespont, leur fait traverser le Strjmon, dont il obstrue le cours en le remplissant d'énormes pierres, et arrive enfin à Mycènes où les vaches conquises sont sacrifiées par Eurysthée à la grande divinité d'Argos, liera K II serait évidemment superflu de vouloir interpréter un récit comme celui-ci, où se combinent et s'amalgament les éléments les plus divers et dont les détails géographiques, fruits d'une imagination déjà savante, excluent d'ailleurs l'idée d'une tradition vraiment populaire.

Le mythe de la conquête des /sommes d'or des Ilespdrides offre avec celui que nous venons d'exposer cette analogie qu'il a à peu près le même théâtre. Quand Apollodore nous dit que le jardin des Hespérides est situé dans la région des Hyperboréens*, il est en contradiction avec les plus anciens témoignages de la poésie grecque. Les Hespérides, filles d'Hespéros, de l'étoile du soir qui s'élève à l'horizon près de l'endroit où disparait le soleil, ont, d'après Hésiode, un séjour voisin de celui d'Atlas qui supporte à l'occident le poids de la voûte céleste. Leurs brillants jardins, avec leurs arbres chargés de fruits dorés, s'étendent ce du

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