Id., II, 5, il
côté de la nuit, et au delà du fleuve Océan », c'est-à-dire dans la région même où est l'île de Géryon*. Deux des nymphes Hespérides portent d'ailleurs les noms significatifs dMglè etd'Érylhéia. Les anciens avaient déjà remarqué* que le mythe reposait peut-être sur la confusion qui avait dû se produire entre les deux sens du mot grec[jLY;Xa qui veut dire tantôt « pommes», tantôt «troupeaux. » Les pommes d'or que va conquérir Héraclès seraient donc identiques aux brillantes génisses de Géryon : hypothèse que paraît confirmer le caraclère du monstre préposé à leur garde ; le dragon Ladon, fils de Typbaon et d'Écliidna, ayant évidemment une certaine affinité avec le chien Orthros.
L'imagination des écrivains grecs s'était étendue avec complaisance sur les divers incidents du voyage d'Héraclès à la recherche du trésor des Hespérides. Là encore, comme dans le mythe de Géryon, les épisodes de la fable tiennent plus de place que la fable même, dont le fonds hellénique s'est enrichi de traditions originaires de la Phénicie, de l'Egypte et de la Libye. Le héros, parti de Mycènes, se met en route dans la direction du nord, traverse la Macédoine où Apollodore place le théâtre de sa lutte contre Cycnos, passe en Illyrie et arrive sur les bords de l'Éridan. Là il rencontre les Nymphes, filles deZeus etdeTliémis, qui lui conseillent de s'adressera Nérée, le vieillard prophétique de la mer, pour obtenir de lui la révélation de la retraite mystérieuse où se cachent les Hespérides. Héraclès suit leur avis, réussit à enchaîner le dieu marin malgré ses transformations, comme Ménélas a fait pour Prêtée, et, quand il lui a arraché son secret, il se rend en Libye. Là, il rencontre un ennemi; c'est Antée^ fils de Poséidon et de la Terre, être gigantesque qui forçait tous les étrangers^ qui abordaient à la côte à se mesurer avec lui, qui les ter rassait, lesmetlait à mort, etsuspendait ensuite leurs dépouilles dans le sanctuaire de son père. Le héros s'attaque au monstre, le harcèle et le fatigue ; mais il s'aperçoit que son adversaire reprend des forces nouvelles chaque fois que ses pieds touchent le sein de la terre, sa mère divine. Il Tétreint alors dans ses bras nerveux, l'enlève dans les airs et l'y étouffe*. Ainsi, remarque M. Cox, la noire nuée d'orage, formée des vapeurs de la mer et qui s'appesantit sur les côtes, ne peut être vaincue par le soleil que quand celui-ci Ta forcée à quitter la terre et à s'élever dans les espaces célestes où ses rayons finissent par la dissiper^.
De Libye Héraclès se rend en Egypte et y devient le héros d'une nouvelle aventure. Le roi Bousiris dont la légende était populaire en
\. TAéfo^on., 215, 274, 517.