MyUiol. of ihe Ânjan yationst II
Grèce où il était devenu un des personnages favoris de la scène comiquet avait, disait-on, à une époque où l'Egypte souffrait d'une longue disette, fait venir de Chypre le devin Phrasios. Celui-ci déclara que Jupiter n'accorderait au pays le bienfait des pluies que si on lui sacrifiait chaque année un étranger. Bousiris s'empressa de profiler de cet avis en prenant le prophète pour première victime ; et, à partir de ce jour, les étrangers trouvés sur la côte d'Egypte furent massacrés par ses ordres. Héraclès, arrivé dans le pays, devait subir le sort de tous. 11 se laisse d'abord enchaîner et conduire au temple du dieu ; mais, quand il est arrivé devant l'autel, il brise soudain ses liens, se précipite sur Bousiris et sur son fils Iphidamas et les égorge sans pitiés Cette fable, prise à la lettre, semblerait impliquer l'usage de sacrifices humains à une époque reculée de l'histoire de l'Egypte. Mais Hérodote déclare le fait inadmissible et ne reconnaît pas de valeur à cette fable' où il ne faut voir peut-être que l'expression exagérée des dangers qui menaçaient primitivement les étrangers jetés par la mer sur la côte égyptienne. Le héros, continuant son voyage, arrive en Ethiopie où il tue Émathion fils de Tilhon et rétablit à sa place son frère Memnon, traverse les déserts de la Libye qu'il purge de leurs bêtes féroces, et atteint l'Océan. D'après un autre itinéraire, il s'était dirigé de l'Egypte dans rinde où son expédition rappelle celle de Bacchus; de là, vers le nord, où, sur le Caucase, il avait délivré Prométhée en perçant de ses flèches l'aigle, instrument de la torture du Titan'. Celui-ci l'avait récompensé en lui indi({uant la route à suivre pour atteindre le séjour d'Atlas et des llespérides. Le héros y était arrivé à travers le pays des Scythes, les monts Riphées et la région des llyperboréens. Mais, comme nous l'avons dit, la tradition la plus générale est celle qui fait traverser à Héraclès, comme dans l'expédition contre Géryon, l'Océan occidental, de l'autre côté duquel il se trouve en relation naturelle avec Atlas. C'est ce dernier, d'après le récit d'Apollodore, qui se charge de cueillir les pommes d'or, tandis que le héros supporte à sa place le poids du ciei. Mais Atlas, une fois de retour, veut aller porter lui-même son butin à Mycènes. Héraclès est forcé d'user d'un stratagème pour se soustraire au fardeau qui pèse sur ses épaules. — Ce n'est là qu'un jeu de l'imagination des conteurs grecs. D'après la version la plus ancienne, Héraclès avait pénétré lui-même dans le merveilleux jardin, avait tué le dragon qui en était le gardien, et détaché les pommes de l'arbre pour les rap-
\. Cf. Macrob., Sa/., VI, 7. Hvg., Fab., 51.