‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 426 sur 550 · youv. leçons, t. II, p. 33 de la Irad. française · texte numérisé non relu

youv. leçons, t. II, p. 33 de la Irad. française

5. Ils sont les (ils iX'Actor [lliad.t XI, 709, 750; XXIH, 658) personnage quia le même sens (styvuat, briser).

deux Molions doivent donc, vraisemblablement, être considérés comme les images du tonnerre et de l'éclair : monstres célestes qui, en se distinguant Tun de Tautre, se tiennent cependant et ne font, pour ainsi dire, qu'un. La victoire remportée parle héros sur les Molions ne serait donc qu une variante nouvelle de Féternel triomphe du dieu solaire sur les puissances de Torage.

Après cet exploit, les mythographes placent l'expédition de Pylos où Périclyménos, lils de Nélée, est vaincu par Héraclès * ; celle de Lacédémone qui a pour effet le châtiment des fils d'Ilippocoon, et le rétablissementde Tyndare sur le trône de Laconie.

A Tégée, en Arcadie, Hercule se trouvait en rapport avec Auge, dont la dramatique histoire a eu le privilège d'inspirer successivement chacun des trois grands tragiques athéniens. Fille d'Aléoset prétresse d'Athèna, Auge fut un jour surprise par Héraclès qui la déshonora dans un moment d'ivresse' : de cette union naquit un fils, Téléphos. L'enfant, à peine né, fut caché par sa mère, qui redoutait Aléos, dans le sanctuaire de la déesse vierge, dont la colère excitée par cette profanation suscita une peste qui désola le pays. Cependant le roi finit par découvrir la honte de sa fille et la retraite où était l'enfant. l\ le fait exposer sur le mont Partliénios, comme Œdipe fut exposé sur le mont Cithéron. La mère est livrée à Nauplios qui doit la précipiter dans la mer, mais qui touché de son malheur, l'envoie enMysie où elle devient l'épouse du roi Teuthras. Cependant le jeune Téléphos, merveilleusement échappé à la mort, allaité par une hiche, grandit au milieu des bergers de la montagne. Arrivé à l'âge d'homme, il va consulter l'oracle et, sur son avis, se met en route pour la Mysie à la recherche de sa mère. Le roi Teuthras qui l'accueille était alors en guerre avec ses voisins : il promet à Téléphos de lui donner en mariage Auge qu'il fait passer pour sa (ille, si le jeune héros réussit à le débarrasser de ses ennemis. Celui-ci est vainqueur ; Teuthras, fidèle à sa parole, lui abandonne Auge. La mère et le fils, inconnus Tun à l'autre, vont donc être unis,

comme dans l'histoire de Jocaste et d'Œdipe. Mais Auge, troublée d'un secret pressentiment, répugne à cette union : pour Téviler, elle veut tuer Téléphos, quand un dragon envoyé par les dieux les sépare. Téléphos à son tour, dirige ses armes contre sa mère. Mais, tout à coup, Héraclès, invoqué par elle, fait son apparition et révèle à Téléphos le secret de sa naissance. La mère et le fils, la reconnaissance opérée.

i. Apollod., II, 7, 3. Cf. I, 9, 9. Périclyménos, dans sa lutte contre Héraclès, prend tour à tour la l'orme d'un lion, celle d'un serpent, celle d'une abeille. 2. Eurip., Auge, fragni. 1.

reviennent ensemble dans leur patrie ^ On conçoit facilement comment Eschyle, Sophocle et Euripide avaient trouvé la matière d'un drame' dans cette Table tragique dont Tinterprétation est assez embarrassante. Parmi les mythologues contemporains, Preller et Hartung, se fondant surtout sur l'assimilation d'Ilithyia à Auge dans le canton de Tégée', voient dans la fille brillante (tjy^, éclat lumineux) d'Aléos une personnification de la lune. Pour Preller, Téléphos (dont l'éclat s'étend au loin, TTjX;, çio;) serait Tétoile du matin. Mais Panalogie frappante de la fable en question avec celle de Persce et celle d'CKdipe semble plutôt indiquer qu'il faut reconnaître dans Au;:;è une aurore et dans son fils Téléphos un héros solaire, né des feux du matin, qui, arrivé au terme de sa course, retrouve sa mère, la nymphe éclatante du couchant comme de Torient. Le fils d'Héraclès, comme il arrive souvent dans les généalogies mythologiques, serait ainsi d'une nature identique à celle de son père.

C'est en Étolie , et dans le pays de Trachine, au pied de l'Œta, que se placent les dernières aventures de la carrière d'Héraclès. Le héros s'était rendu auprès d'Œneus, roi des Etoliens de Calydon, pour lui demander en mariage sa fille Déjanire. Mais il avait rencontré là un redoutable rival, Achéloos, qui depuis longtemps briguait la main de la vierge en se présentant à son père sous des formes effrayantes. Tantôt il était un taureau mugissant, tantôt un serpent aux longs anneaux, tantôt un homme dont la tcte était armée de deux cornes et dont la bouche frémissante vomissait des flots d'eau*. Œneus, épouvanté, allait céder à ses menaces, quand arrive Héraclès qui, armé de ses flèches, de sa lance et de sa massue, marche à la rencontre de l'importun prétendant. La lutte s'engage corps à corps ; les deux adversaires se frappent et se heurtent avec fracas. Le héros brise enfin une des cornes du monstre : Achéloos, pour la conserver, lui donne en échange la corne d'Amalthée dont il était possesseur^. Cette corne, remise entre les mains d'Œneus, comme prix de sa fille, ou suivant d'autres versions, à Jupiter ou aux Nymphes, restera le symbole de l'abondance et de la fécondité du sol. Les critiques anciens, et après eux quelques modernes, ont cru voir dans ce récit l'image d'une victoire remportée par l'industrie humaine

1. Sources : Apollod., II, 7, 4; UI, 9, 1. Pausan., VIII, 4, 9; Vllt, 48, 7 ; X, 28, 8. Diod., IV, 33. llygin., Fab., 99-100. Pour la suite de l'histoire de Téléphos et la paît qu'il prend aux événements de la guerre de Troie, voir Uyg. Fab., iOl. — Sur les monuments figurés, voir 0. Jahn, Arch. Beitrâije, p. V35 sqq.

2. La pièce d'Eschyle avait pour titre les Mysiens ; celle de Sophocle, les AUades; colle d'Euripide, Auge.

Page 1