Ibid,, V. 507 sqq. Uyg., Fab
sur la violence des eaux torrentielles de TAchéloos, qui, son cours une fois réglé, fut pour la contrée qu'il traverse un véritable bienfaiteur ^ Mais cette inter|)rétation topique se soutient difficilement. L'Acbéloos est sans doute, aux temps historiques, le plus grand des fleuves de la Grèce, celui dont le cours inférieur séparait l'Étolie de TAcarnanie. Mais, dans le langage mythologique, Achéloos, fils d'Océan et de Téthys ne désigne point tel cours d'eau déterminé ; il est la rivière en général, la rivière qui a sa source au ciel, suivant l'expression homérique (BiizcTYjç). Achéloos a donc été primitivement le fleuve céleste, conçu comme un monstre redoutable et aux aspects multiples qui, dans le combat de l'orage, prend tantôt la forme du serpent-éclair, tantôt celle du taureau, c'est-à-dire du tonnerre mugissant; monstre vaincu par le dieu de la brillante lumière qui, en brisant ses cornes, en fait jaillir les eaux qui arrosent et fécondent le sol '. Quant à la vierge Déjanire qui est le prix de la lutte, la signification en est moins facile à déterminer. Le nom de sa mère Althsea (la nourricière) qui doit se confondre avec Amalthœa, ses relations avec le Centaure Nessos dont nous allons parler, enfin Faction fatale qu'elle exerce sur la destinée d'Héraclès, puisqu'elle sera, sans le vouloir, cause de sa mort, peuvent seulement nous faire supposer qu'elle est en rapport avec les phénomènes des nuages et des eaux célestes.
L'union du héros et de Déjanire ne tarde pas, en effet, à être troublée par divers incidents malheureux. Pendant son séjour chez son beaupère Œneus, Héraclès tue involontairement un de ses parents, le jeune Eunomos. Ce meurtre le force à s'exiler, suivant la loi. H quitte donc l'Étolie avec Déjanire pour gagner le pays de Trachine où régnait Céyx. Les deux époux arrivent sur les bords du fleuve Événos dont le Centaure Nessos faisait traverser les eaux aux voyageurs, en les portant sur son dos, d'une rive à l'autre. Déjanire est confiée au Centaure qui, au milieu du fleuve, veut attenter à son honneur (fig. 145). Héraclès se retourne, tend son arc et perce Nessos au cœur d'une flèche empoisonnée. Le Centaure mourant engage Déjanire à recueillir le sang tombé de sa blessure et à en composer un philtre dont l'action magique lui permettra de reconquérir l'amour de son époux, s'il vient un jour . à l'abandonner pour une rivale. Déjanire n'aura que trop tôt l'occasion d'éprouver la puissance de ce philtre. Après diverses expéditions glorieuses contre les Dryopes, contre les Lapithes, contre Cycnos, Héraclès quitte le pays de Trachine pour marcher contre Eurytos dont il n'avait
1. Slrab., X, p. 458. Diod., IV, 54. Interprétation adoptée par Preller.