‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 428 sur 550 · Cf. Schwartz, rftfr Vrsprung der Mijthofogir, p · texte numérisé non relu

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UÉUACLÈS. S07

[)as encore vengé les insultes. Il détruit ŒchalJe de fond en comble, massacre Eurytos cl ses fih, et emmène avec lui la belle lolc qu'il avait jadis quittée à regret et dont l'amour trouble el enflamme son cœur. Avant de rentrer à Trachîs, oîi Déjanire restée seule attend avec anxiété le retour de son époux, il aborde au promontoire de Cénieon en Eubée. Là, TOiilantadresserdesolennellesactionsdegrâcesà Jupiter, il dépêche à Trachis son compagnon Lichas qui doit lui rapporter une tunique blanche, un vêtement de Tète dont il désire se parer pour le sacrifice- Déjanire apprend par le messager le retour d'Iolé et la passion d'Héraclès pour la (ille d'Ëurytas. Dans sa jalousie, elle se souvient de la dcr-

Fii!. 115. — ScsBO! cl Wjanii'e,

nière recommandation du Centaure. Elle trempe la tunique dans ta préparaiion magique qu'elle a composée avec le sang de Nessos, el l'envoie à son cpous. A peine le héros s'en est-il revêtu, que le venin dont elle est enduite s'attaclie à son corps et court dans tous ses membres. En proie à d'intolérables souiïrances, fou de douleur, le béros saisit Licbas par les pieds et le précipite dans la mer. Il essaie ensuite de se dégager de l'étreinte latale; il veut déchirer le vêtement, mais il arrache en même temps des lambeaux de son corps meurtri. Sentant alors que sa dernière heure approche, il gravit les pentes de l'Œta, brise de sa mainpuissaute les pins et les chcucs de la montagne, les amasse en bûcher à !>on sommet, y monte et ordonne à ses compagnons d'y mettre le feu. Ce service, que ceux-ci lui refusent, lui est rendu par l'œan, père de Philoctète, à qui il remet en échartge son arc et scsQèches. Des Ilots de fumée montent ver^ le ciel, la Ûamme pétille

508 MYTHOLOGIE DE LA GlifCE ANTIQUE.

et flambe : le corps du héros va être consumé, quand un nuage descendu d*en haut enlève et transporte dans l'Olympe, au milieu du tonnerre et des éclairs, le fils de Jupiter ^

Celte fin tragique d'Hercule est peut-être, comme Ta remarqué Max Mûller', une grande et magnifique image du soleil se couchant au milieu des nuages. Les sombres vapeurs qui cachent Tastre du jour au terme de sa carrière, sont comme un fatal vêtement jeté sur son corps glorieux, vêtement qu'il essaye de déchirer, en perçant par intervalles, « de son ardente splendeur, » Tobscurité ennemie qui Tenveloppe. Efforts inutiles. Les nuages s'enflamment ; des torrents de feu et de fumée sï'chappent du bûcher qui brûle à l'horizon : bientôt le ciel occidental n'est plus qu'un vaste embrasement, au sein duquel périt le héros, consumé par les feux qu*il vient d'allumer.

Cette glorieuse apothéose d'Héraclès était un des sujets favoris de la poésie et de l'art helléniques', qui ont souvent décrit l'entrée triomphale du héros dans l'Olympe où il est accueilli par Athèna et par Apollon, où Jupiter lui fait place à ses côtés, où il se réconcilie avec Hèra qui lui donne en mariage sa fille Hébé, cù il jouit désormais du commerce des immortels, au sein des joies célestes etde l'éternel repos qui est la récompense de sa brillante et laborieuse vie.

lY. CONCEPTION MORALE ET ARTISTIQUE D'HÉRACLÈS. — LES HÉRACLIDES.

L*exposition de la légende d'Héraclès nous explique facilement les caractères divers que l'on prêtait à ce héros. Toute sa vie mortelle n'a été qu'un combat ; combat difficile engagé contre des monstres à la violence brutale ou contre des êtres doués d'une vigueur extraordinaire. La force physique sera donc l'élément dominant du type d^Uéraclès. Le héros qui s'est attaqué, corps à corps, à Achéloos, à Antée, à Éryx et qui les a terrassés, devait être conçu comme l'idéal de l'athlète arrivé à la pleine possession de lui-même et au plus complet développement de son énergie musculaire. Son image était placée dans les gymnases où les éphèbes associaient son culte à celui d'Hermès. Mais, tandis que

i. Sopli., Trachin.,p€Ut8im. Apollod., II, 7, 7. — La fable du bûcher d'Ilcrcule est probablement d'origine orientale. Elle appartient à l'Hercule Lydien, au dieu Sandan. A Tarse (Dio Chrys , Oral., XXXllI) on célébrait, en l'honneur d'IIéraclès-Sandan, la fête du bûcher dont le souvenir s'est conservé sur les monnaies de celte ville. Les médailles de rhiladeJphie, près de Tarse, nous montrent un bûcher pyramidal, surmonté d'un aigle, avec la figure d'Ileraclès-Sandan (Maury, Religions de la Grèce, III, p. 152, n. 7.)

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