Pausan., Il, 30, 9; 32, 8. Plut., Vit. Tlieè.i
510 UYTHOLOGIB DE LA GUÈGE ANTIQUE.
temciit rejoindre celui-ci à Athènes ^ Cependant Thésée, élevé dans la demeure de son aïeul Pittheus, ne cessait de grandir en force et en courage. Hercule étant venu un jour chez le roi de Trézène et ayant déposé à terre sa peau de lion, tous les enfants s'enfuirent épouvantés; mais Thésée enleva une hache des mains des serviteurs et s'élança contre la dépouille de Tanimal qu'il croyait vivant*. Bientôt, quand jEthra se souvint de la recommandation d'iEgée, le jeune héros se fit un jeu d'écarter la lourde pierre ; il s'empara des sandales et de l'épée de son père, les mêmes attributs, remarque M. Cox', qui sont ceux de Persée partant pour le pays des Gorgones, et ainsi armé, il se disposa à se mettre en route pour Athènes. Cette route était alors infestée de brigands. Pittheus conseilla donc à son petit-fils de se rendre par mer en Attique; mais celui-ci, préoccupé de la gloire d'Hercule, voulut courir au-devant des dangers dont on essayait de l'épouvanter.
Le voyage de Thésée, de Trézène à Athènes, n'est, sous une autre forme, que la carrière des travaux d'Héraclès. Sur le territoire d'Épidaure, il rencontre un premier ennemi : Périphètès, géant armé d'une énorme massue dont il écrasait les passants. Thésée lutte contre lui, le tue et s'empare de son arme, qui deviendra désormais l'attribut distinctif du héros. Or, Périphètès, fils du dieu du feu Hépha^stos^, doit être une personnification du nuage orageux qui décharge sur les hommes les coups de la foudre. A l'isthme de Corinthe, un autre brigand monstrueux, Sinis (le destructeur) soumettait les étrangers à une terrible épreuve. Il ployait jusqu'à terre des pins immenses : ceux qui n'étaient pas assez forts pour empêcher Parbre de se relever, étaient emportés dans les airs et retombaient brisés sur le sol. Thésée sort victorieux de cetle épreuve : il détruit le brigand wruoxaiAimQç, c'est-àdire l'ouragan dont la violence courbe et brise les grands arbres. Un peu plus loin, il tue le sanglier deCrommyon, dont il suffit d'indiquer l'affinité avec ceux d'Êrymanthe et de Calydon. En Mégaride, il détruit Sciron qui arrêtait les étrangers, les dépouillait et les précipitait du haut d'un rocher dans la mer : Sciron, c'est-à-dire les violents coups de vent dont les assauts étaient si dangereux, sur le chemin étroit taillé dans les Roches Scironiennes dont les falaises à pic dominent, à une hauteur vertigineuse, les flots du golfe Saronique. A Eleusis, il terrasse à la lutte l'Arcadien Cercyon, comme Hercule a ten-assé Antéc. Sur les bords du Céphise attique, il a affaire au géant Polypèmon ou Damastès,