LÉGENDES HÉROÏQUES DE L'ATTIQUB
règne de Cécrops, disait-on, Poséidon voulant se créer des droits à la possession de TAttique, avait frappé de son trident le rocher de FAcropole et en avait fait jaillir une source d'eau salée, que Ton montrait plus tard dans l'enceinte de l'Éreclithéion. Athèna, qui revendiquait cette même contrée, avait planté sur TAcropole un olivier, celui qui, brûlé par les Pei*ses, au moment de Tinvasion de Xercès, poussa soudain de merveilleux rejetons. Les douze dieux choisis pour juger de cette contestation avaient donné gain de cause à Athèna, grâce au témoignage de Cécrops qui avait assisté à la plantation faite par la déesse *.
Érichthonios^ qu'il est difficile de ne pas confondre avec Érechthée^ comme le faisait déjà le poète de V Iliade* ^ offre avec Cécrops cette ressemblance qu'il est quelquefois représenté sous la forme d'un serpent^. Son nom, plus clair que celui de son ancêtre mythique, fait évidemment allusion à la fécondité du sol ; de sorte que s'il appartient, lui aussi, à la catégorie des héros de Forage, il doit exprimer l'heureuse action que ce phénomène, grâce aux pluies qui l'accompagnent, exerce sur la terre. Erichthonios avait eu pour père Héphsestos qui, après avoir inutilement recherché l'union d'Athètia, avait fécondé Gœa*. Comme Cécrops et les Titans, il est donc enfant de la Terre; de plus, il a été engendré par le dieu du feu céleste. On racontait que l'enfant merveilleux, à peine né, avait été recueilli par Athèna, qui l'avait élevé et nourri secrètement à l'insu des dieux. Elle l'avait déposé et enfermé dans un coffre qu'elle avait confié à Pandrosos, Taînée des filles de Cécrops, en lui faisant promettre de ne pas l'ouvrir. Pandrosos tint parole. Mais ses sœurs, dans un mouvement d'indiscrète curiosité, violèrent la défense de la déesse. A la vue de l'enfant autour duquel s'enroulait un dragon, elles s'enfuirent terrifiées; et, dans le délire dont Athèna troubla leur raison, elles se donnèrent la mort en se jetant du haut du rocher de l'Acropole : chute qui est peut-être l'image de celle des eaux pluviales, conçues comme des nymphes qui, épouvantées à l'aspect du serpent-éclair, se précipitent des hauteurs célestes.
Erichthonios ou Érechthée, parvenu à l'âge d'homme, avait été roi d'Athènes, dont il avait commandé les armées dans la guerre contre
Spôfjoi ù la même racine que le sanscrit Varshas, pluie. L'étymologie fVAglauros ou Agraur los ne donne pas un sens très-clair. Mais son association à llersè et Pandrosos fait supposer qu'elle avait une signification analogue à celle de ses sœurs.
1. Apollod., III. 14, i. Pausan., I, 26, 6. Cf. llei-od., VIII, 55.
2. II, 547. Les deux personnages sont distingués pour la première fois par Platon, Critias^ p. liO, a.