‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 442 sur 550 · lien, Biil. Var., XII. H · texte numérisé non relu

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D'après Apollodore, le successeur d*Érichthonios dans la royauté d'Athènes avait été Pandion, Si l'on rapproche le nom de ce héros de répithète de Pandia appliquée à Sélènè, et de la fétc attique des nivSia qui se célébrait au moment de la pleine lune et de Téquinoxe de printemps \ on arrive à cette conclusion probable que Pandion personnifie le ciel printanier et son éclatante sérénité. On lui donnait quelquefois pour tils jumeaux Érechthée et Boutés', dont les noms Taisaient allusion, dans la pensée des Grecs, au premier labour de Tannée. Il avait eu pour filles Procris, Philomèle et Procnè, au sujet desquelles on racontait de touchantes et dramatiques histoires.

Procris était Tépouse chérie du beau Céphalos, et pendant longtemps leur heureuse union ne fut point troublée. Mais, un jour, Céphalos étant sorti de sa demeure le matin, pour chasser dans la montagne, fut aperçu d'Êos qui, charmé de sa beauté, l'enleva et tenta de conquérir son amour. Voyant que Céphalos lui résistait, elle lui proposa de s'assurer d'abord de la fidélité de son épouse : s'il la trouvait en faute, il viendrait se consoler auprès d'Ëos. Céphalos déguisé en étranger, s'approche de Procris avec de magnifiques présents qui font oublier à celle-ci son premier amour. Quand il reprend sa forme ordinaire, l'épouse infidèle, accablée de honte, prend la fuite et se retire en Crète auprès d'Artémis. La déesse, touchée de ses larmes, remet entre ses mains un javelot a inévitable », avec un chien auquel nulle béte fauve ne peut échapper, et après avoir donné à la vierge l'apparence d'un jeune homme, Tenvoie provoquer Céphalos à l'art de la chasse. Céphalos vaincu, veut acheter à Procris son chien et sa lance. Elle promet de les lui céder en retour de son amour. Bientôt la reconnaissance s'opère, et les deux époux se réconcilient. Mais, un matin que la jalouse Procris, cachée dans un buisson, épiait Ëos sa rivale, Céphalos, voyant le bois s'agiter et croyant avoir affaire à un animal, lance le dard inévitable qui tue Procris. Bientôt, désespéré, il se précipite dans la mer du haut du promontoire de Leucas'. — Or, quelle est la signification des perf sonnages de ce mythe? Céphalos, fils d'Hermès et d'Hersè\ du crépus-

1 cule et de la rosée, est le soleil dont la tète (xeçaXV]) resplendissante

;i apparaît le matin à l'horizon, sur la cime des montagnes. Le nom

d'Êos (l'Aurore) s'explique de lui-même. Quant à Procris, son caractère

1. Au niois d'Élapbèbolion. Sur celte fête, voir K. F. Ilermaiin^ Griech. Antiq., H, g 50, 5, et Schœmaniiy Griech. Alterlh,, II, p. 505.

2. Apollod., 111, 14, 8. Son épouse est Zeuxippè dont le nom exprime wie idée analogue à celle de Boutés.

3. Sources principales du mythe : Apollod., I, 9, 4; IH, 15, 1. Hygin., tabi, 189i Otid-i Melam.^yi 682; VU, 694, 840 sqq. Slrab., X, p. 452.

4. Apollodo III, 14^ 3. Cf. T/ieogon., 086. Pausao., I^ 3, ii

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de chasseresse et ses rapports avec Artémis doivent la faire ranger parmi les déesses lunaires. Ce drame, dont les trois acteurs sont le soleil, Taurore et la lune, s'explique alors assez facilement. Le soleil n'y est plus le frère de la lune, coqime dans Thistoire d'Apollon et d' Artémis; il est son époux \ Le matin, quand il se lève, quittant la couche nocturne de Procris, sa beauté séduit la jeune Aurore, amoureuse de lui, comme elle l'a été deTithon, d'Orion, de Clytios. Le soir, quand il se couche, il s'approche de son épouse, mais déguisé, c'est-à-dire dans l'ombre de la nuit, et, sous cette forme nouvelle, il se fait encore aimer d'elle comme Endymion deSélènè. Le matin, quand il reparait, Procris s'enfuit; la lune se retire devant le rayonnant éclat du soleil, ou suivant une autre image qui donne naissance au dernier incident, elle est tuée par les traits inévitables du jeune dieu*. La Gn malheureuse de Céphalos est encore la poétique expression du soleil couchant, qui disparait derrière les hautes falaises pour se précipiter au sein des flots.

Les deux autres filles de Pandion, Procnè et Philotnèle, étaient en Attique les héroïnes d'une légende dont l'origine naturelle est parfaitement claire, puisque la tradition elle-même se charge de nous apprendre qu'elles personnifiaient deux des oiseaux qui font leur apparition au printemps : le rossignol et l'hirondelle. Les anciens paraissent avoir été moins frappés des variations infinies de la musique du rossignol que du caractère mélancolique de son chant^. De cette impression étaient nés plusieurs mythes qui sont les développements variés d'un même thème. Le plaintif oiseau est Une princesse malheureuse, métamorphosée par sa douleur. C'est une mère qui pleure le fils qu'elle a |)erdu : Ilys ou Itylos, onomatopée des notes les plus fréquentes du rossignol. La plus ancienne forme du mythe se trouve dùusV Odyssée^ où Toiseau porte son nom ordinaire, Aèdon, C'est une GUe de Pandareus ; c'est une sœur de Méropè et de Cléodora qui, avant leur hymen, ont été enlevées par les Harpyes* : oiseaux harmonieux de la belle saison, chassés par les tempêtes de l'hiver. Son histoire s'était localisée à Thèbes 011 elle est représentée comme la femme de Zélhos. Jalouse de

1. De celte union naît, suit Tilhon [ApoUod., /. cit.) soit Phaétbon (la planète de Vénus) aime d'Aphrodite {Tfieo</on., l. cit.)

2. M. Wa\ Mûller a'donné de ce mythe une interprétation ditTcreute [Éttsais de tnythol . comparce^ trad. de M, G. Perrot, p. 110-114). Il voit dans Céphalos le soleil, qui caresae la rosée (Procris, de Trp'iiÇ, 7rpuxo{),qui ensuite l'absorbe et la tue. Dans cette explication, que devient le caractère de chasseresse de Procris? Le mot Il/odxpi^, d'ailleurs, doit plutôt s'eipliqucr par Tspàxpiroi que p.ir Tr/îcôÇ.

3. .4']8ch., Àyam., 1143.' Soph., Eleclr., 148, 1077. Aristoph., Avegf 21'2, etc.

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