‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 447 sur 550 · Pausan., IX, 12, 1. Hygin., Fab · texte numérisé non relu

Pausan., IX, 12, 1. Hygin., Fab

2. M. Grole [Hist. grecqtie, I, 293, trad. française) croit que le nom des Spartoi, étant celui dune tribu béotienne, a fait naître la fable des dents semées. Cf. cependant la fable analogue de Jason chez jEètès. Apollon., Argon. , III, 1230-1400. — Plus tard, certaines familles de Béolic jirétendaient descendre des Spartoi (Plut. De ser. num. r//w/., 21).

5. Sources principales : Eurip., Phœn., 639 sq(|. et Schol., éd. Dindorf. Apollod., HI, I; 4, 1-2. Pausan., IX, 12, 1-3. Hygin., Fab., 178. Ovid., Metam., III, 1-130.

4. Il l'assimile (/. cil,) au Cabire Cadmos ou Cadinilos, des mystères de Samothrace, qui lui paraît identique à lUermès ithypballique des Pélasge».

subit ensuite semblent devoir Tassimilcr à Apollon ou à Héraclès et faire de lui le héros solaire, vainqueur de la nue qui emprisonne les eaux. Le combat que se livrent les êtres gigantesques nés des dents du dragon peut également s'expliquer. C/cst le combat des nuages, fils du serpent-éclair, qui se heurtent, dit M. Cox, dans une sauvage mêlée, jusqu^au moment où quelques-uns seulement restent sur le champ de bataille du ciel ^ Cadmos, fils de Téléphaessa (celle qui^brille au loin), frère d'Europç (la vierge aux vastes regards), dont les noms impliquent l'idée de météores lumineux, n'aurait donc été d'abord autre chose que le soleil ; le soleil venu de TOrient, le soleil empourpré (çorvi?), et cette dernière épithète, mal comprise, a pu suffire pour le faire considérer comme un chef phénicien. D'autre part, le fait d'établissements phéniciens en Béotie, s'il n'est pas établi par des preuves tout à fait certaines, offre au moins un grand degré de probabilité. Les Phéniciens ont occupé de bonne heure plusieurs des îles et certains points des rivages de la mer Egée. Ils y avaient laissé des traces durables de leur passage, surtout à Théra dont Talphabet archaïque sert de transition entre les lettres phéniciennes et les lettres grecques, à Samothrace et sur le continent voisin où ils paraissent sétre livrés à l'exploitation des mines et au travail des métaux. La Samothrace possédait en commun avec la Béotie le culte des dieux Cabires, et l'un de ces personnages mystérieux y portait le nom de Cadmos ou Cadmilos ; ce qui implique d'anciens rapports entre les deux pays. Les Phéniciens établis dans la mer de Thrace ont donc pu envoyer des colonies à Thèbes, comme ils en avaient envoyé à Athènes*. Un de leurs dieux se serait ainsi confondu avec Cadmos, le héros grec de l'Orient, qui, dans la légende de son voyage, touche à tous les points qui ont servi de stations aux Phéniciens dans la mer Egée. C'est ainsi également qu'on aurait attribué à Cadmos, représentant des colons phéniciens, l'invention des lettres', le travail des mines, tous les éléments de civilisation que ce peuple a importés en Grèce.

La suite de l'histoire de Cadmos semble appartenir entièrement à l'imagination hellénique. Quand le héros est devenu roi de Thèbes, Jupiter lui donne pour femme Harmonia^ la vierge brillante, fille d'Ares et d'Aphrodite, ou bien de Zeus et d'Électra. Leur hymen, souvent célébré par les poètes *, avait été une fête pour les dieux eux-mêmes,

i. Mijthol. ofthe Anjan[NaO'ons, II, p. 86.

2. Sur les établissements phéniciens à Athènes, voir G. Waclismiilh, Die Sladt Athenim AUerlhxini, p. 404-445.

3. De là les expressions de c lettres phéniciennes » ou de « lettres cadméennez i appliquées à l'alP''aljet grec primitif, composé de IG lettres.

4. Voirsurtout Theognis, 15-18. Pind., fragm. Bergk. Lyr. gr., p, 287, 5* édil.

descendus de TOIympe sur la Cadmée pour assister aux noces. Les Muses y avaient chanté le chant d'hyménée. La jeune épouse avait reçu en présent, des mains de Cadmos ou de celles des dieux, un magnifique péplos brodé par Athèna, et un collier d*or fabriqué par Héphaestos. Ce collier célèbre avait une histoire mythique. Il était échu à Polynicc, qui l'avait donné à Ériphyle pour décider son époux Amphiaraos à entreprendre l'expédition contre Thèbes. Après avoir passé dans différentes mains, ce bijou, fatal à tous ceux qui l'avaient possédé, avait été consacré à Delphes, dans le temple d'Athèna Pronoia *. Plus tard, le tyran Phayllos en avait dépouillé le sanctuaire pour en faire cadeau a sa maîtresse qui le porta pendant quelque temps. Mais le plus jeune de ses fils, subitement pris de folie, mit le feu à la maison. Dans cet incendie, le collier d'Harmonia fut consumé avec d'autres trésors *. Cet attribut de la jeune femme de Cadmos avait, dans la langue poétique des premiers Grecs, une signification qu'il nous parait difficile de restituer. M. Schwartz, se fondant sur certains rapprochements avec la mythologie germanique, croit voir dans le collier d'Harmonia comme dans la couronne d'Ariane et autres symboles semblables l'image de l'arc-en-ciel '*. Nous ne saurions être aussi affirmatif, bien que ce présent, fabriqué par le dieu du feu Héphsbstos et donné à la fille d'Électra, nous paraisse correspondre à un brillant météore, éclatante parure d'une divinité de la lumière.

La plupart des généalogies thébaincs se rattachaient à Cadmos et à Harmonia. Ce premier couple avait donné naissance à Sémélè, mère de Bacchus, à Ino, mère de Melikertes, confondu comme-Cadmos avec un dieu phénicien (Melkarth) ; à Autonoè, mère d'Actaîon ; à Agave, mère de Penthée ; enfin à un fils Polydoros, qui sera le père de Labdacos, ancêtre d'Œdipe. Harmonia, que des traditions différentes de celles que nous avons rapportées faisaient venir de Samothrace, où elle aurait été enlevée par Cadmos*, avait suivi son époux quand il quitta lu Béotie, laissant le trône aux mains de son petit-fils Penthée, pour se rendre en occident, chez les lllyriens, qui firent de lui leur roi. A la fin de leur existence, Cadmos et Harmonia avaient été métamorphosés en dragons et transportés par Jupiter dans l'Elysée *.

La légende de la fondation de Thèbes par un chef phénicien ne

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