‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 449 sur 550 · Ai)olM., III · texte numérisé non relu

Ai)olM., III

IIËROS THÉBAinS. S35

viennent se ranger d'elles-mêmes sur les remparts : Thèbes est fondée'.

Est-il possible de déterminer d'une façon pi'écise le caractère primitif de ces deux héros? Nous ne le pensons pas. Sur ce sujet, il est prudent de se borner à indiquer les analogies que présente leur légende comparée à celle d'autres dieux. La lyre d'AmpIiion rappelle la lyre d'Orphée el celte d'Apollon qui, lui aussi, est un constructeur, puisqu'il a élevé, avec l'aide de Poséidon, les remparts de Troie. Les deux jumeaux ont été exposés à leur naissance sur une montagne.

Fi; 149. — GraupRdu Tiurfau Firnése.

comme un grand nombre de personnages où l'on reconnaît généralement des dieux de la lumière. Fils^de Zeus, ils sont des héros « aux blancs coursiers* n, comme les Dioscures Spartiates. Comme ceux-ci, ils pourraient donc désigner soit l'étoile du matin el l'étoile du soir, soit encore le soleil et la lune.

Des deux frères, Zétbos était devenu l'époux de Thèbè, on celui

1, Apoll'>ii" Ith., I. 740 et SchoL, — llarat., Epiai, ad Ption.,59i, S. Kiiri|).. rha»., 606. Sriiol.. (Myf.. THH.SIS.

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d'Aèdon (le rossignol), image de l'éclat du printemps et de ses harmonies ; Amphion s'était uni à la fille de Tanlnlc, Mnbé, dont la douloureuse histoire appartient peut-être autant à l'Asie Mineure qu'à la Grèce.

La première version de cette fable nous est fournie par V Iliade. Hiohè, nous dit le pocle, avait eu douze enfants : six lils et six lilles. Dans son orgueil maternel, elle osa se comparer à la mère d'Apollon etd'Aitémis, s'élever même au-dessus de Lèto dont la fécondité était liien inférieure ù la sienne. La vengeance de lu déesse ne se lit pas attendre. Les fils de Niobè tombèrent sous les flèches d'Apollon, ses filles sous celles d'Artémis. Pendant neuf jours, ces innocentes victimes restèrent sans sépulture ; le dixième seulement, ils furent ensevelis par les Olympiens. A partir de ce moment, la malheureuse mère devint un rocher du mont Sipyle, mais, sous cette forme nouvelle, elle n'a point oublié la douleur qui la consume'. Les mythologues ont ajouté quelques détails à ce simple récit. D'après Apollodore, le massacre des fils de Mobè avait eu lieu sur le Cithêron pendant qu'ils se livraient aux exercices de la chasse; deux d'entre eux cependant avaient survécu. Après ce malheur, Niobè avait quitté Thèbes pour se rendre auprès de son père Tantfilc sur le Sipyle. Là, ses ferventes prières avaient obtenu du maitre des dieuxje privilège d'être changée en un rocher, d'où elle ne cesse de verser des larmes, nuit et jour*. Cette touchante légende, qui avait inspiré l'art hellénique' et fourni aux tragiques athéniens la matière de plusieurs drames*, était bien Faite pour exercer la sagacité d(!S mythologues modernes Mais, des résultats très-ditîérents auxquels ils sont arrivés, en est-il un qui soit vraiment concluant? M. Cox, s'attachant exclusivement à une tradition qui fait de Niobè une fille de Phoroneus, héros parent de Prométhée et d'Héphiestos, dieu du feu comme eux, considère l'épouse d'Âmpiiion comme la personnification du nuage, assimilé à l'épaisse fumée d'un feu céleste. Niobè serait ainsi une sorte de Néphélé dont les nombreux enfants, c'est-à-dire les nuées, sont percés par les traits du dieu solaire. La douleur la change en pierre, comme, pendant l'hiver, l'eau du ciel se change en glace dans les contrées montagneuses. Quand Niobè pleure sur son rocher, elle est la nuée accrochée aux pics dcîfmontagnes, d'où tombent les gouttes de pluie, comme des larmes'. SI. Max Millier, de son côté, voit dans Niobè une

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