‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 456 sur 550 · LÉGENDES DE L'ËTOLIE. ^ MÉLÉAGRE · texte numérisé non relu

LÉGENDES DE L'ËTOLIE. ^ MÉLÉAGRE

est surtout célèbre par les aventures de ses fils : Méléagre et Tydée, père de Diomède.

Une partie de Thistoire de Méléagre nous est connue par le dix-neuvième chant de VIliade, où le récit en est placé dans la bouche de Phœnix. Œneus ayant oublié une année d'olTrir à Artémis les prémices de sa récolte, la déesse suscite un sanglier énorme, aux défenses terribles, qui ravage les vignes et les champs du roi, qui déracine les arbres avec leurs fleurs et leurs fruits. Méléagre, fils d'Œneus, s'offre à combattre la redoutable béte. 11 réunit un grand nombre de compagnons venus des villes voisines, surtout des Curetés de Fleuron; avec leur aide, il force la retraite du monstre et le perce de ses traits. Mais bientôt une dispute s'élève entre les chasseurs pour la possession de la dépouille de l'animal. Dans cette querelle, Méléagre tue les frères de sa mère Althaea, princes des Curetés de Fleuron. Ceux-ci veulent venger leurs chefs; ils attaquent et ils assiègent les Étoliens de Calydon. « Aussi longtemps que combattit Méléagre, favori d'Ares, les Curetés furent battus, malgré leur nombre. » Mais bientôt le héros refuse de prendre part à la bataille : il s'indigne des malédictions lancées contre lui par sa mère. Althaea, en effet, profondément affligée du meurtre de ses frères, invoquait les dieux : « à genoux, le sein mouillé de larmes, elle frappait de ses deux mains la terre féconde ; elle conjurait Hadès etFerséphone de donner la mort au fils né de ses entrailles. Ses prières furent entendues du fond de l'Érèbe par Ërinys, a l'impitoyable déesse qui erre dans les ténèbres». Méléagre se tenait donc éloigné de la guerre : il restait inactif, étendu dans sa demeure auprès de son épouse, la belle Cléopatra, tandis que les Curetés repoussaient les Etoliens du champ de bataille et assiégeaient les portes mêmes de Calydon, d'où l'on pou* vait entendre leurs cris de victoire. Dans cette situation critique, les vieillards et les prêtres des dieux viennent supplier Méléagre d'accourir à leur défense; ils lui offrent la plus belle terre et la plus fertile, à son choix, dans la riante plaine de Calydon. Son père, sa mère, ses amis les plus chers essayent, l'un après l'autre, de le flécliir : il demeure impitoyable. Enfin les Curèles ont forcé les murailles ; ils entrent et la ville est en proie aux flammes. Cléopatra, son épouse, tente alors un dernier effort ; elle le conjure, tout en larmes, de détourner loin d'elle et loin de la ville les horreurs dont tous sont menacés. Méléagre ne résiste plus : il revêt sa brillante armure, sort du palais et repousse les ennemis ^ Le poète ne nous dit pas quelle fut la fin du héros; mais il est probable qu'un peu plus tard il devait périr victime de l'Érinys de sa mère.

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