Voir R. Kekulâ, De fabula UeUagrea, Berlin, ISOt
6. Sur CCS monument», l'air Steptunî, CompUi rendur, 1867, 95; 103.
L'introduction du personnage d'Atalante dans le récit de la chasse de Calydon ne doit pas remonter à une époque fort ancienne, puisque nous en trouvons la première mention chez Euripide*. La jeune vierge dont la séduisante beauté est la cause indirecte des malheurs de Méléagre n'est pas d'ailleurs d'origine étolienne. Elle est la fille, soit de TArcadien lasos, soit du béotien Schœneus *. En Arcadie, comme en Béotie, les principaux traits de son histoire sont les mémos. Quand elle vint au monde, son père, qui souhaitait des enfants mâles, la fit exposer sur une montagne où elle fut allaitée par une ourse et recueillie par des chasseurs qui se chargèrent de Télever. Les Centaures Rhœeos et Hylseos ayant voulu attenter à son honneur, elle les perça de ses flèches, comme Artémis avait fait pour Éphialtès et pour Otos. Devenue grande, elle fuit la société des hommes et garde sa virginité : rhymen lui fait horreur'. Elle vit dans la solitude, toujours armée, poursuivant les bélcs fauves par monts et par vaux, frappant de sa lance les rochers d'où elle fait jaillir une source d'eau glacée pour étancher sa soif *. Plus tard, on la voit prendre part à la chasse de Calydon et lutter avec Pelée aux jeux funèbres célébrés en Thessalie après la mort de Pélias. Elle retrouve ensuite ses parents dont elle se fait reconnaître. Son père voulant la marier, elle promet sa main à celui de ses prétendants qui l'emportera sur elle à la course du stade. Déjà plus d'un héros avait été vaincu et mis à mort par Atalante, quand Pun d'eux, nommé Mélanion, ou Ilippomène, suivant Euripide, imagina un stratagème pour s^assurcr l'union qu'il désirait. Favorise par Aphrodite, il avait reçu de la déesse des pommes d*or qu'il eut soin de laisser tomber en courant. Atalante se baissa pour les ramasser et fut dépassée. Elle devint donc Pépouse de Mélanion dont elle partagea bientôt la passion. Mais, un jour, les deux époux étant entrés dans un sanctuaire de Dèmèter, y oublièrent, dans leurs transports, le respect dû au lieu saint. La colère de la déesse les métamorphosa en lion et en lionne^. Tout n'est pas également explicable dans ce récit; mais le caractère d'Atalante ne peut être Pobjet d'aucun doute. Le soin jaloux qu'elle prend de sa virginité, la légèreté et la rapidité de sa course, son amour de la vie sauvage, son caractère de chasseresse, sont autant de traits qui la rapprochent du type de l'Artémis arcadicnne.
i. Fragm,, Meleag,, ap. Hacrob., Sat., V, 18.