LÉGENDES DE L'ÉTOLIE. — TYDÉE
d'Artémis Callisto dont elle doit être considérée comme une forme secondaire*.
La légende d'Atalantc n'est qu'un épisode, intercalé arbitrairement par les poètes, dans l'histoire de la famille d'Œneus, dont il nous reste à raconter la suite. Après la mort d'Althiea, nous disent les mythographes, le roi d'Ëtolie épousa une seconde femme, Pér.iboïa, qui lui donna pour fils Tydée. Dans le vieux poëme de VAlcmœonis^ on racontait que Tydée, ayant tué les fils de Mêlas qui conspiraient contre son père, fut forcé de s'exiler à la suite de ce meurtre, et qu'il se réfugia à Argos, chez Adraste, dont il épousa une des filles, Déïpylè. De ce mariage devait naître Diomède '. Cependant, après le départ de Tydée, Œneus, chassé du trône par ses neveux, fut condamné pendant longtemps à une vie de misère et de pauvreté. 11 ne sera délivré plus tard que par son petit-fils '. Les malheurs du vieux roi, son long exil, son rétablissement sur le trône d'Étolie et l'éclatante vengeance de Diomède, formaient le sujet d'une tragédie perdue d'Euripide *. Quant à Tydée, on sait comment il se rencontra chez Adraste avec Polynice et comment il prit part à l'expédition des chefs argiens contre Thèbes. Après s'être signalé par mainte prouesse, il fut blessé dans le dernier combat par le Thébain Mélanippos. Il gisait étendu sur le champ de bataille quand la déesse Athèna, protectrice de sa famille, apporta' avec elle un remède qui devait le sauver et lui assurer l'immortalité. Mais Amphiaraos, qui détestait Tydée dont les conseils avaient poussé les chefs argiens à cette funeste entreprise, résolut d'entraver la bonne volonté de la déesse. Il coupa la tête de Mélanippos et vint la présenter à Tydée. Celui-ci, dans sa fureur, fendit la tête de son ennemi et en avala la cervelle. Athèna, saisie d'horreur, renonça à rendre immortel le sauvage héros. Tydée mourut sous les remparts de Thèbes, où plus tard on montrait son tombeau hors des portes Prœtides '.
Son fils Diomède fut l'héritier de son courage. Diomède était encore enfant quand mourut son père, dont il devait éclipser la gloire. Il le vengea d'abord en se mêlant aux Épigones, qui prirent et saccagèrent la ville de Thèbes. Mais c'est surtout sous les remparts de Troie que l'on voit éclater son héroïsme. Devenu roi d'Argos après la mort d'Adraste, c'est lui qui conduit les guerriers argiens de l'armée d'Aga-
1. A. Maury, Relig. de la Grèce, 1, 154. Preller, Griech. Mpth., H, 306,3* édit.'