Dicéarquc, l'ragm. cité plus haut
6. Sur ces pei*sonnages, voir Weh-ker, Kleine Schriflen, II, die Molionen und die Aloïden; Blondel, art. Aloadae du Dictionnaire des Antiquités do Daremberg et Saglio.
7. '£^(â/r}}«f « celui qui s'élance sur; » ^ûro^, « celui qui liourlo ou qui ébranle. »
santé, ils osèrent déclarer la guerre aux habitants de TOlympe. Pour atteindre la demeure des dieux, ils entassèrent le Pélion sur TOssa. Leur entreprise eût réussi, si le (ils de Zeus et de Lcto, si Apollon ne les eût percés de ses flèches « avant que leur menton ne se fût couvert d'un léger duvet' ». Comme d'autres géants, ils veulent attenter à l'honneur d'Hèra ou à celui d'Artémis, et ils périssent victimes de leur insolence. A Naxos, la sœur d'Apollon les tua pur surprise. Elle prit la forme d'une biche et s'élança entre eux deux. Les Aloïdcs, eu voulant frapper la bêle, se percèrent mutuellement de leurs javelots*. On les représentait dans les enfers, attachés dos à dos à une colonne, où des serpents enroulaient leurs spirales autour de leurs membres*. Leur signification naturelle est évidente. Ces enfants de Poséidon, c'est-à-dire des vapeurs de la mer, ces êtres violents, à la taille gigantesque, à la rapide croissance et à la courte vie, ces ennemis des dieux qui renouvellent la lutte des Titans contre les Olympiens et qui périssent sous les traits des divinités de la lumière, ne peuvent être que les images des phénomènes de l'orage. Leur caractère de géants jumeaux les rapproche en même temps des deux Mêlions vaincus par Héraclès, et en qui nous avons reconnu les démons du tonnerre et de Téclair.
Un des héros les plus célèbres de la région méridionale de la Thessalie était Pelée (IIyjXsu;). Ses aventures avaient été l'objet de plusieurs légendes populaires qui, chantées par Hésiode ou par des poètes hésio* diques, paraissent avoir été de bonne heure rassemblées et coordonnées dans un poëme unique^. Cette antique Pélëide, dont Euripide avait dû s'inspirer pour composer sa tragédie de Pelées est probablement résumée dans ses événements essentiels par Apollodore, qui est aujourd'hui pour nous la source principale des fables qui concernent le père d'Achille.
Pelée se rattachait par sa parenté aux traditions de l'ile d'Égine. H était le fils d'Éaque et d*Endéis, le frère de Télamon. D'après Phérécydès, il est vrai, Télamon n'était que l'ami de Pelée : il avait pour père Actaeos, pour mère Glaucé; mais les mythographes s'accordent à nous dire qu'iEaque épousa en outre Psammathè, fille de Nérée, qui fut changée en algue pour avoir voulu se dérober à son amour et qui
1. Odyss.f XI, 305-320. Dans l'Iliade (V, 385], les Aloïdcs enchaînent Ares et l'enferment pendant treize mois dans un vase d'airain.
3. Uygin., ra^., 28. Sur les représentations artistiques, la partie inférieure du corps des Aloïdes est celle d'un serpent. Ils se confondent souvent avec les Géants. Voir Élite Céramogr.f I, pi. 5. Gerhard, Trinkschale» und Ge fasse ^ II, 5.
4. C'est l'hypothèse, très- vraisemblable, récemment soutenue par AI. >V. llannhardt Anlike Wald und FeldkuUe^ p. oZ sqq.
LÉGB?IDES DE THESSAIIE. — PÉLËE. 557
donna le jour à Phocos*. Ces difTércntes généalogies, où les noms du rivage, de la vague azurée, du sable, de l'algue marine', sont personnifiés, nous indiquent que la famille mythologique d'iEaque doit son origine à quelques-uns des phénomènes qui s'observent sur le bord de la mer. L'histoire de Pelée, époux de Thétis, se rapporte vraisemblablement au même ordre d'idées.
Pélée et Télamon, nous dit Apollodore, jaloux de leur frère Phocos qui l'emportait sur eux dans les concours gymniques, voulurent se débarrasser de lui. Au milieu d'un jeu, Télamon lança son disque à la tête de Phocos, qui mourut sur le coup'. Les deux frères essayèrent de dissimuler leur crime en cachant soigneusement le corps de leur victime; mais ce corps ne tarda pas à être découvert. Convaincus de fratricide, Télamon et Pélée furent chassés d'Égine par leur père. Le premier se rendit à Salaminc auprès du roi Cychreus qui lui laissa son trône en héritage; Pélée se retira à Phthia, chez Eurytion, qui, après l'avoirpuriCé du sang versé, lui donna, avec sa fille Antigène, la possession du tiers de son royaume*. Mais Pélée allait encore être l'auteur d'un meurtre, cette fois involontaire. A la chasse du sanglier de Calydon où il accompagnait son beau-père, le javelot qu'il lançait contre l'animal vint percer Eurytion. Forcé de s'exiler de Phthia, il alla réclamer l'hospitalité d'Acastos, roi d'Iolcos, qui le purifia, comme avait fait Eurytion. Pendant son séjour à lolcos, la femme du roi, Aslydaméia, ou Hippolytè suivant Pindare, s'étant éprise de lui, lui fit des propositions qu'il rejeta. Pour se venger, elle envoie un faux message à la femme du héros restée à Phthia; elle lui annonce que Pélée va épouser Stéropè, fille d'Acastos. A celte nouvelle, Anligone se tue de désespoir. Astydaméia ne se tient pas pour satisfaite : elle dénonce Pélée à son mari, comme ayant essayé de la séduire. Celui-ci, malgré sa colère, se refuse à répandre le sang d'un hôte ; il l'emmène avec lui sur le Pélion, à la chasse des bêtes fauves, espérant qu'il trouvera la mort dans cette expédition. Mais Pélée est le plus habile et le plus intrépide des chasseurs. Il dédaigne de recueillir les dépouilles des animaux tombés sous ses coups : il se borne à couper leurs langues qu'il enferme dans son sac. La chasse terminée, il étale aux yeux de ses compagnons étonnés ces preuves irrécusables des nombreuses victimes qu'il a faites. Bientôt après, accablé de fatigue, il s'endort dans la montagne. Le héros avait
i. Aponod.,m, i2. 6. Anton. Liber., XXXVIU.