Strab., XI, p
6. Pour le détail de ces généalogies, voir l'arbre dressé par Gerhard, Grtech, Myihoi , n, 225.
7. Apollod., I, 9, 7. Virg., jEn., VI, 585 sqq, Hyg., Fab., 60-61.
LÉGENDES DE LA TUKACE. 57i
roi de Pylos. Pélias est le père d'Âcastos et de plusieurs filles, parmi lesquelles est Alceste^ célèbre par son dévouement conjugal pour Admèle.
Ce dernier, fils de Phérès, descendant de Crètheus, régnait sur Phères et sur ses fertiles campagnes ; roi puissant et riche, qui eut rheureuse fortune d'avoir pour pasteur de ses nombreux troupeaux et pour gardien de ses magnifiques cavales Apollon, chassé du ciel en expiation du meurtre des Cyclopes. Celte amitié d'un dieu lui fut utile, quand il rechercha la main d'Âlceste. Pélias lui ayant promis sa fille à condition qu'il viendrait la visiter monté sur un char traîné par des lions et des ours, ce fut Apollon qui soumit ces animaux au joug et qui les rendit dociles aux volontés d'Admète. Mais, au jour du mariage, le héros oublia d'offrir un sacrifice à Ârtémis. La déesse se vengea de cet oubli. Quand Admète entra dans la chambre nuptiale, il la trouva remplie de serpents. L'appui d'Apollon le fit encore échapper à ce danger. Le dieu réussit à apaiser sa sœur; il obtint en outre des Parques qu'Admète serait délivré de la mort, si son père, sa mère ou sa femme consentaient à mourir à sa place. Quand l'heure marquée par les destins fut arrivée, les parents d'Admète refusèrent de se sacrifier pour leur fils. Alcesteau contraire, sans hésiter, se dévoua pour son époux et descendit volontairement au tombeau d'où elle fut ramenée à la lumière soit par Perséphone, soil par Héraclès ^ Cette fable, dont Euripide a tiré un si merveilleux parti, avait été traitée avant lui par Phrynicos et par Sophocle : les poètes lyriques s'en étaient emparés, et pendant longtemps les chants populaires de la Grèce' célébrèrent Alceste et son héroïsme d'amour conjugal.
ni. — THRACE. — ORPHÉE. — LES POÈTES MYTHIQUES.
En poursuivant dans la direction du nord notre exploration mythologique, nous rencontrons la vaste région qui, le long des côtes de la mer Egée, s'étend de l'extrémité septentrionale de l'Olympe thessalien à THellespont, et qui était désignée primitivement sous le nom général de Thrace. Les religions de cette contrée, qui nous sont mal connues, n'ont pas été sans influence sur les croyances helléniques qui leur ont emprunté deux divinités principales: Ares et Dionysos. Le culte du dieu de la guerre et celui du dieu du vin ne sont pas, il faut le sup-
1. Eurip., Alceste, passim. A|)ollod., I, 9, ib. Hyg., Fab., 50-51.
2. Voir le fragment d'un scolion sur Admcte dans la 3* édition des Lyrique» grec» de Bergk, p. 1225.
poser, les seuls éléments que les peuplades barbares du Nord, en éinigrant vers le Sud, en venant se fixer en Béolie et en Attique, aient apportés avec elles dans la Grèce propre. Parmi les traditions d'importance secondaire qui peuvent leur être rapportées, on doit distinguer surtout celles qui concernent toute une école de poètes et de chanteurs légendaires, dont Orpliée est le représentant principal. A Tépoque où commence en Grèce l'histoire positive, c*est-à-dire ' vers le milieu du sixième siècle avant l'ère chrétienne, Orphée j que
l les poètes homériques et hésiodiques ne paraissent pas avoir connu et
/. dont le nom est pour la première fois cité par le lyrique Ibycos S était
i , l'objet de ti^adilions multiples dont Torigine est fort obscure. Alors
ri commençait à grandir et à se développer en Grèce, en dehors ou
/ à côté de la religion populaire, une secte de théologiens qui, pour-
suivant une réforme à la fois dogmatique et morale, avaient jugé à propos d'abriter la nouveauté de leurs doctrines sous Tautorité d'un nom antique. Ces sectaires s'appelaient les Orphiques. Les livres que leurs chefs, entre autres Onomacrite et Cercops, avaient composés I pour la propagation de leurs idées, leur théogonie, leurs hymnes
f sacrés, leurs recueils de formules magiques ou purificatoires, furent
attribués par eux à Orphée, c'est-à-Jire, dans leur intention, au premier père de la poésie grecque, à celui dont l'historien Uellanicos^ faisait un ancêtre dllomère. Orphée devint ainsi le fondateur suppose d'un culte mystérieux, aussi ancien que les origines de la civilisation hellénique, et qui, après avoir vécu longtemps dans l'ombre, reparaissait enlin à la lumière, pour le plus ^rand bien des âmes religieuses, qui venaient y chercher des préceptes de vie morale et la promesse d'une bienheureuse immortalité. Nous n'avons pas à refaire ici, après l'auteur de VAglaophamus et après Gerhard ', l'histoire de l'Orphisme, si féconde en intéressants prob'èmes. 11 suffira, pour notre propos, de remarquer combien le caractère traditionnel d'Orphée avait du nécessairement s'altérer sous l'influence de la secte qui avait pris son nom. Mais, si ce personnage avait acquis avec le temps une importance qu'il n^avait pas d'abord, sa légende paraît cependant s'être conservée fidèlement dans les récits des poètes et dans les œuvres des mythographes. D'après ces derniers, Orphée est un fils d'Œagros et de Calliopè ^. Le