Apollod., I, 3. L». Cf. l'ausan., IX
LÉGENDES DE L.V IHRACE. — ORl'IlBE. 573
nom de son père, qui est un roi tliracc, exprime son origine ; celui de sa mère, ses rapports avec l'art des Muses dont il est le favori. Premier poêle, premier chantre inspiré, sa vie n'est que l'histoire des efTels souverains et irrésistibles de l'harmonie. Depuis Pindarc et Eschyle jusqu'à Virgile et Horace, plus d'un ancien a célébré cette puissance merveilleuse de la lyre d'Orphée, ce divin enchantement qui, des hommes accourus pour l'écouler, se communique à la nature entière atlentive et ravie. Les bêles Tauvcs sortent de leur re traite et viennent se poser à ses pieds (fig. 161); les arbres, les rochers euxmêmes se meuvent pour venir l'entendi-e. Quand il descend dans les ténèbres in fernalcs, ses accents charment et alten drissent le cœur inDcxible des souverains de l'Hadcs. Accompagne-t-il les Argonautes dans leur expédition, au son de sa lyre, le ""' '""i«^n'imaui "" '"' vaisseau Ârgo glisse doucement sur une
mer apaisée ; les roches mouvantes des Symplégades qui menaçaient de briser le navire s'arrêtent et se fixent ; le gardien de la toison d'or, le redoutable dragon delà Colchide, est gagné d'un 'invincible sommeil *. Miracles de l'harmonie musicale, dont Orphée, même après sa mort, était encore la source ; car les rossignols qui faisaient leur nid sur son tombeau chantaient, disait-on, mieux que les autres et avec plus de charme '. Telles étaient les images par on les Grecs avaient tenté d'exprimer les premiers efTets de la musique sur les âmes, la séduction douce et forte de son pouvoir naissant.
Orphée, héros de la lyre primitive, devait être mis en relation avec lecilhariste divin de l'Olympe, avec Apollon, a C'est d'Apollon, dit Pindare *, qu'est venu Orphée, le joueur de phorminx si souvent célébré, le père des chants. » Ailleurs le poêle applique au héros une épihcte ordinaire du dieu, celle de /pu3â3;;o;, a au glaive d'or*. » Pour Orphée, celui-ci est un père chéri, un maître qui l'a instruit dans l'art musical, un dieu auquel il voue un culte particulier de reconnaissance et d'amour ^. Cette intime union d'Apollon et d'Orphée est encore indiquée dans une tradition en partie empruntée à la tragédie des