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4. f>ojpn.,ap. Schol. Venel., Iluul., XV, Î50. b. Apollon., ,4>von., II, sas, 9Î8; IV. 15i7.
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i 574 MYTHOLOGIE DE LA GHËGE ANTIQUE.
Bassarides d*Eschyle. En Thracc, nous dit le mythographe Ératosthènes \ Orphée n'honorait pas Dionysos; il vénérait comnoe le plus
j grand àes dieux Uélios, et lui donnait le nom d'Apollon. Se réveillant
^ au milieu de la nuit, il gravissait les pentes du mont Pangéc et arri-
vait au sommet avant le lever de Taurore; là, les regards tournés vers rOrient, il attendait Tapparition du dieu brillant dont il voulait être
^ le premier à saluer le retour. Ce culte exclusif d'Apollon et ce dédain
de la religion deBacchus avaient été, suivant Eschyle, la cause de la
- mort d*Orphée, qui avait péri entre les mains des Bassarides, c'estrà-
l dire des bacchantes thraces , empressées à venger le mépris de leur
f^ dieu.
!>' Orphée, fidèle adorateur d'Apollon, doué comme lui du don musi-
cal, doit-il lui être identifié? Dans ce chantre harmonieux de la Thrace faut- il reconnaître un héros solaire? C'est la conclusion qu'a adoptée M. Max Mûller, se fondant surtout sur l'étymologie du mot 'Op^su;. qu'il rapproche du mot Ribhu ou ArbhUy épithète d'Indra, uom du soleil ', et sur l'interprétation poétique du mythe d'Eurydice.
^f Ce dernier mythe est connu de tout le monde, grâce aux beaux vers
de Virgile. Eurydice, épouse chérie d'Orphée, un jour où elle fuyait devant l'amoureuse poursuite du berger Aristée ', fut piquée par un serpent caché dans les hautes herbes et dont la morsure lui fut mortelle. En vain le poëte essaye d'enchanter sa cruelle douleur en faisant retentir les montagnes de Thrace du son de sa lyre : l'image toujours présente d*Eurydice l'obsède et le tourmente. Ne pouvant vivre éloigné d'elle, il se décide à aller la chercher aux sombres demeures. 11 descend dans rUadès, où ses harmonieux accents charment le roi des ombres qui promet de lui rendre sa compagne. Pluton ne met qu'une condition à cette faveur : c'est qu'Orphée ne se retom*nera pas, pour voir Eurydice qui le suivra, avant d'être arrivé avec elle à la région de la lumière. Au moment où ils allaient franchir tous les deux cette fatale limite, Orphée, ne pouvant plus résister à l'amour qui le possède, tourne la tête pour contempler Eurydice, qui lui est aussitôt ravie ^. Il est difficile de ne pas voir dans cette fable, avec M. Max Mûller. l'expression poétique de phénomènes naturels. Comme le remarque le savant mythologue, le nom d'Eurydice, rapproché de ceux d'Euryphaëssa , mère d'ilélios, d'Eurypylè, fille d*Endymion, d'Eurynomè,
i> Catatter.t 24.
2. Mythologie comparée^ p. lC4de la traduct. de M. G. Pcrrot.
3. L'amour d'Arislée pour Eurydice n*est pas un élément oncicn de la légende. U n'en est question que chez Virgile {Georg., iV. 457) et chez Hygin, Fab,, 104.
4. Apollod., I, 3, 2. Diod.. ÎV, 25. Pausan., IX. 30, 4. Virg., Georg., IV, 454-506.
LÉGENDES DE LA TURAGE. — ORPHEE. 575
mère des Charités, doil être un des noms de TAurore, considérée ici comme une épouse du soleil *. Quand les dernières lueurs du couchant s'évanouissent dans les ténèbre::, la brillante aurore du soir, piquée par le serpent de la nuit, descend aux enfers, où elle est suivie d'Orphée donl l'expédition infernale rappelle celle du héros solaire Héraclès. Le matin on voit la lumière, disparue à Toccident, reparaitre à l'orient. « Les anciens disaient qu'à ce moment Eurydice revenait vers la terre avec son époux. Comme celle tendre clarté ne s'aperçoit plus lorsque le soleil lui-même s*est levé, ils disaient qu'Orphée s'était retourné trop vite pour regarder Eurydice, et qu'il avait été ainsi séparé de la femme qu'il aimait si chèrement '. x> Celte interprétation, trèsingénieuse, ne souffre qu'une difGculté : c'est que l'aurore précède le soleil, au lieu de le suivre. On est donc réduit à supposer que l'ordre des faits naturels a été volontairement interverti par l'imagination populaire pour donner à la fable un plus vif intérêt.
La mort d'Orphée se racontait dans l'antiquité avec plusieurs variantes. Quelquefois cette mort est attribuée au désespoir dont il fut saisi en perdant une seconde fois son épouse. Le plus souvent elle est considérée comme un attentat commis par les femmes de Thrace, soit que Bacchus, leur dieu favori, ait animé leur fureur contre le contempteur de sa religion, soit qu'elles n'aient pu pardonner au héros d'être resté fidèle au souvenir d'Eurydice. Le récit qui explique la rancune de ces femmes par l'attrait que la musique d'Orphée exerçait sur leurs maris, qui abandonnaient le foyer domestique pour courir à la suite du divin chanteur ', ne mérite pas qu'on 8*y arrête. Plus sérieuse est une tradition qui nous a été coaservée par Pausanias et par deux épigrammes de l'Anthologie. Orphée serait mort foudroyé par Jupiter, parce qu'il aurait révélé aux hommes des mystères sacrés ^« Mais cette tradition, où le chanteur thrace apparaît comme une sorte de Prométhée châtié pour avoir communiqué à l'humanité les secrets des dieux, ne peut être antérieure à Tinstitution des mystères orphiques. Orphée est mort, déchiré et mis en pièces par les Ménades de Thrace ; telle est évidemment la version la plus ancienne, et cette version nous montre à quel point les Orphiques ont altéré la légende populaire de leur héros, puisqu'ils ont fait de cette victime de la fureur bacchique le fondateur du culte de Dionysos-Zagreus.
On ajoutait que plusieurs circonstances merveilleuses avaient accom-'
i. Ouv. cité, p. 128.