‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 493 sur 550 · Theogon., 37S · texte numérisé non relu

Theogon., 37S

G. Cf. .Sscli., Fromelli.. VJi, iâ. Wcil.

59i MYTHOLOGIE DE LA GREGE ANTIQUE.

Les artistes grecs s'écarteront de la tradition épique quand ils prêteront à la tète de la Méduse une noble physionomie, où est seulement empreinte l'expression d'une profonde douleur (6g. 165).Le vrai tjpe

des Gorgones est la hideuse figure qu'on TOtt sur les monnaies de Corintheet de Coronée (Rg. 166). Leurs traits repoussants, la terreur qu^elles inspirent, leur face pétrifiante, ne peuvent s*expiiquer que par l'impression produite sur les hom- „. ,^, ^ . . ., mes par les phénomènes les plus redoutables do

Fig. 166. - Type primitif .,'^,, '^., , ^ , . «

de la iJédus<>. cicl, par 1 aspcct dcs sombres nuées qui se for-

ment à l'horizon de la mer^ et qui voilent la lumière. Le triomphe que Persée va remporter sur elles n'est donc qu'une variante nouvelle de la lutte victorieuse des héros solaires contre les démons des orages '.

Le héros s'approche, détourne la tête pour ne pas voir la face du monstre, laisse guider son bras par Athèna, et, de sa harpe, coupe la tète à la Méduse. Quand cette tète est tranchée, Pégase, le cheval ailé, et Chrysaor, le père de Géryon, s'élancent du tronc mutilé de la Gorgone. Un fragment de métope de Sélinonte ((ig. 167) et une terre cuite de Milo (fîg. 168) nous font assister à cette double naissance dont la signification naturelle s'explique, s'il est exact de considérer Chrysaor comme le héros de l'éclair et Pégase comme le coursier du tonnerre dont le sabot fait jaillir les eaux célestes. Cependant, Persée place la tête de la Méduse dans la besace qui est sur son dos, et prend aussitôt la fuite ; car il est poursuivi par les deux autres Gorgones qui se sont réveillées et se lancent sur ses traces; mais elles ne peuvent l'atteindre, grâce à la coiffure merveilleuse, à la xuvév; des Grées ou d'IIadès qui l'enveloppe d'épaisses ténèbres. Porté par ses sandales, ou monté, comme Bellérophon, sur un coursier ailé ', il vole à travers l'espace céleste et arrive dans le pays le plus voisin du divin soleil, en Ethiopie où l'attendait une nouvelle aventure.

Là régnait le roi Cèpheus, dont la femme Cassiépéia avait excité la colère des Néréides en prétendant rivaliser avec elles par sa beauté. Poséidon s'était fait le ministre de la vengeance des nymphes de la

i. Ainsi s'explique coinmonl la Méduse s*est unie à Poséidon.

2. Preller, Griech. Mythol., H, p. 64, voit dans la Méduse l'image de la luue, visage fantastique de la nuit ; dans sa mort, lefnit de la disparition de la pleine lune. Les trois Gorgones sont les trois phases de l'astre. — M. Dillhcy (Annal, Iml. Arch.^ 1871, p. 2i8 sqq.) explique, comme nous, le Gorgonéion par la nuée d'orage. M. Lolling [De Mrdusa, Gdttinguc, 1871) l'explique par le soleil ! Nous ne savons d'après quels arguments, n'ayant pas eu sa dissertation entre les mains.

3. Sait, Herc, 210, lizTtôra liep^sv;. Cf. la terre cuite rcpi-oduile p. 590.

LÉGENDES U';IRG03. — l'ERSËE. S05

mer : il avait inondé le |>ays et eitroyé sur les côtes un monstre marin qui dévorait les hommes et les troupeaux. L'oracle d'Ammon, consulté dans cette circonslance, avait répondu que le iléau pouvait être conjuré, si la fille du roi, Andromède, était livrée en proie au monstre*. Cèpheus consent à faire de sa lille une victime expiatoire ; U l'enchaîne à un rocheret l'abandonne sur le bord de la mer. Persée, h son arrivée, aperçoit la belle vierge et en devient amoureux. Il promet au roi de délivrer le pays de la colère divine, si Andromède, sauvée par ses mains, lui est donnée en mariage. Cèpheus y consent. Le héros invin-

Mi

ml

Fig. m.- Fenée tranche liUlcdc liUédiitc.

cible immole le monstre, délivre la jeune Glle et conquiert ainsi son union *.

1 , u fable d'AniIroinide est Ji-ji connue d'Héi'odolc (Vit, 61) et de l'hérécydès (*p. Scbol. Apollon. Hhad., IV, lOOlj. Sophocle et Euripide en ariiieiil hil te sujvt d'une ir>|[éilie. Voir Eratosth., Calatt., XVI'XVII. Cf. Uyg., Poel. Ailron., Il, iO. Nous iiirésumoni buiIouI d'après Apollodorc, II, i, 3, et Uygin., Fab. 64.

3. H. Clermanl-Ganncau, dnna une inlércjsinle élude qui s pour tilrc llonu et Saint- Georgci \Rev. Areh., oclobre, décemlire 1ST6] a recherché les ovi^ncs orientales de la ftble di» Cersée et d'Andromède. — Sur les monumcnls qui reproduiwnl celle iccne, toir Trendelenburs. Annal. Uni. .\i-ch., 1872, p. lOS «jji|. H. Helhig, IVamlgrniiililc. ii* 1185 »qq.

SM HYTHOLOCFE tiE Ik GRÈCE AKTIQDE.

Bientôt il quitte l'Ethiopie avec elle et revient à Sériphos, rapportant à Polydectès la hideuse dépouille qu'il lui a promise. Là il trouve sa mère et le héros Dictys au pîcd des autels des dieux où ils se sont réfugiés, sur les menaces de l'olydectès. Pour les venger, il lui sulBt d'entrer dans le palais et de montrer )a tête de la Gorgone qui pétrifie le roi et ses compagnons. Il établit ensuite Dictys sur le trône de Sériphos. Comme ses exploits sont terminés, il donne ses sandales, ta

Fii;. IfiS. - Nitiiinnce de Chrysaor,

besace et sa yLuvIi; à Hermès, la tète de la Gorgone à Atlièna qui la place au centre de son bouclier, et rentre à Argos avec sa mère Danaé et son épouse Andromède. A son approche, le vieux roi Acrisios, craignant de voir enfin l'oracle s'accomplir, s'onfuit chez les Pélasges de Thcssalie, mais la destinée annoncée par les dieux l'atteindra dans sa retraite. Aux jeux runcbrescélébrés par le roi de Larissa en l'honneur de son père, Acrisios se trouva, sans le savoir, en face de Pcrsée qui, à la lutte du pentathle, lança involontairement son disque à la tête de son aïeul, .icrixios mourut sur le coup. Persée. rougissant d'avoir à recueillir l'héritage de celui qu'il avait tué, ne voulut pas rentrer à Argos. Il se rendit à Tirynthe auprès du fils de Prœtos, Mégapenthès, et échangea avec lui son royaume. Mégapenthès devint roi desArgiens. Persée régna sur Tirynthe et sur Mycèncs ; il fut l'ancêtre de la famille des Perséidea, d'oîi sortira Hercule'.

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