LÉGENDES D'ARGOS. — LES PÉLOPIDES
La similitude de son nom avec celui du peuple asiatique qui fut le premier ennemi de la Grèce est sans doute la seule origine de la fable d'après laquelle Andromède avait eu un fils, appelé comme son père, qui resta auprès de Cèpheus et devint Tancétre de la race royale des Perses ^ Ainsi s'expliquent le costume oriental que porte Persée sur quelques vases peints et la présence de son image sur les monnaies du Pont, de la Cappadoce, de Tarse en Cilicie *. Sa légende s'était propagée non-seulement en Asie Mineure, mais jusqu'en Italie, où Ton prétendait que le coffre de Danaé et de Persée avait abordé sur la côte du Latium à Ardée, et où Turnus passait pour un descendant du héros argien '.
Pour terminer l'exposé des légendes d'Argolide, en conduisant cette étude jusqu'au poëme de V Iliade^ il nous reste à résumer l'histoire de la famille des Pélopides; famille fatale dont les crimes monstrueux et les horribles aventures ont inspiré si souvent la poésie dramatique des Grecs. Cette histoire est familière à tout le monde ; mais il ne sera pas sans intérêt de rechercher (ce qui est moins connu) les origines traditionnelles de la malédiction divine qui a successivement frappé les différentes générations de la race royale d'Argos.
Nous trouvons au deuxième chant de VIliade * l'énumération des princes qui ont précédé Agamemnon sur le trône d'Argos. Le sceptre que porte le chef de l'expédition grecque contre Troie est un sceptre héréditaire qui lui est venu de Jupiter en passant par plusieurs mains. Cet insigne de la royauté a été fabriqué par Héphsestos pour le maître des dieux qui l'a donné à Hermès. « Hermès Ta transmis à Pélops, le conducteur de chars ; Pélops à Atrée, le maître des hommes. Atrée, à sa mort, l'a laissé à Thyestes, le riche possesseur de troupeaux ; Thyestes, à son tour, le laissa à Agamemnon, aûn qu'il étendit sa domination sur beaucoup d*îlcs et sur Argos entière. )> Comme l'a remarqué M. Grote ^, le père de Pélops ne se trouve pas cité dans ce texte homérique. Pélops, qui reçoit son sceptre des mains d'un dieu, doit donc être considéré comme le premier ancêtre de la famille ; c'est le héros éponyme de la contrée qui porte son nom ; c'est probablement un autochthonc. Mais plus tard, chez les poètes tragiques, d'autres tradi-