Ap.Stob.,F/ori
5. Diog. Laert. II, il. Tatien, adv. Grœc.y 57. Les philosophes de l'école stoïcienne ont adopté, en général, cette méthode d'interprétation all^orique.
vin INTRODUCTION.
dit-on, par Gassaudre d'un voyage d exploration dans la mer Rouge et sur les côtes méridionales d'Asie, racontait que dans sa navigation à travers TOcéau Indien, il avait abordé à Tile de Panchaïa, oîi il avait découvert des inscriptions qui contenaient une véritable révélation sur les dieux helléniques. D'après ces monuments, les êtres merveilleux que les Grecs adoraient n'étaient point des dieux, mais des princes, des guerriers ou des philosophes illustres qui, après leur mort, avaient reçu de la reconnaissance et de l'admiration de leurs semblables les honneurs divins. La mythologie ne devenait ainsi que le premier cliapitre de l'histoire réelle de la Grèce*.
Le système d'Evhémère, interprété à Rome par Ennius, et dont les apologistes chrétiens se firent une arme facile contre les croyances païennes, a trouvé, malgré sa fausseté évidente, des partisans jusque dans les temps modernes. Un ouvrage de mythologie composé par l'abbé Banier au siècle dernier, otivrage qui a joui longtemps d'un grand crédit, est (ont entier consacré, comme l'indique son titre*, à rechercher sous « les ornements de la fable », l'histoire des temps primitifs de la Grèce. C'est également à ce point de vue que se sont placés, un peu plus tard, des érudits distingués de l'école française : Clavier, Sainte-Croix, Raoul-Rochette. Aujourd'hui encore, en dépit des récentes conquêtes de la science mytiiologique, revhémérisme n'est pas mort'. Ceux-là même qui ne croient plus que Jupiter est ne en Crète, ne peuvent se résigner à renoncer à l'existence historique d'Achille, fils de Thétis, ou d'Hélène, sœur des Dioscures. Toutes les fausses théories inventées par les Grecs pour expliquer l'origine de leur mythologie se sont d'ailleurs renouvelées chez les modernes. A l'époque de la Renaissance, Boccace, dans sa Généalogie des dieuxy Giraldi dans son Histoire des dieux païens, Noël Conti (Natalis Comes) dans sa Mythologie partent tous de ce principe que les dieux de la Grèce sont des personnifications savantes des forces de la nature, et leurs aventui*es des phénomènes physiques dont la description a été dérobée, à dessein, sous le voile de l'allégorie. Thèse reprise ensuite par Bacon dans son traité de Sapientia veterum et qu'à la fin du siècle dernier, Dupuis, dans sou
1. Sur ce dernier point, voir l'ouvrage de M. de Block, Evhémère,8on livre et sa doctrine, Mons et Bruxelles, H. Manceaux, 1866. — Nous nous boraonsici à de brèves indications. Pour trouver des renseignements complets sur la manière dont les Grecs ont compris et interprété leur mythologie, consulter surtout : Grote, Histoire de la Grèce, t. 11, chap. n, p. 65-193 de la trad. de M. de Sadous.