Plut., Moral., p. 484, f
5. De VentiSy 17. Pour les rapprochements de mythologie comparée, voir Scliwartf , Sonne, Mond iind Slcmc, p. 191 sqq. De Gubernatis, Mythol, zoologiquc, trad. Regnaud, II, p. 333 sqq.
Les Dioscurcs délivrent leur sœur et la ramènent à Laccdénnone a?ec la mère de Thésée qu*ils ont faite prisonnière ^
Comme la plupart des héros, ils prennent part aux grandes expéditions de l'âge légendaire : à la chasse du sanglier de Calydon ', et à Texpédition des Argonautes'. On prétendait qu'ils ayaient rapporté de la Colchide Timage d'Ares et le culte d'Athèna surnommée Asia\ S Pendant le voyage, ils s'étaient signalés par des actions d'éclat et de
merveilleuses victoires. Pollux avait lutté au pugilat avec Amycos, roi des Bébryces, et en avait triomphé'. Or, Amycos, Gis de Typhoeus, ou enfant monstrueux de la Terre, comme Antée vaincu par Hercule, appartient à la famille des Géants, des démons violents de Forage, qui succombent sous les coups des héros solaires. Durant la trayersée, une affreuse tempête avait éclaté dans la mer de Thrace : elle menaçait de l détruire le vaisseau ArgOy quand Orphée invoque les dieux de Samo-
;} thrace. Aussitôt le vent s'apaise, et l'on aperçoit deux étoiles briller
sur la tète de Castor et de Pollux*. Cette fable nous fait assister à un développement nouveau du mythe des Dioscures, aux époques historiques de la Grèce.
Sous les dénominations de "Avaxs;, de cw-rf^peç, de «^ol^gX xapaTriraii \ ils sont devenus des dieux bienveillants de la mer, qui viennent en
aide aux marins pressés par la tourmente. c( Quand les tempêtes furieuses soulèvent les Dots orageux, alors, du haut de leurs vaisseaux, les hommes invoquent les fils du grand Jupiter : debout, à la proue, ils leur adressent des prières, en leur immolant des agneaux blancs.... Bientôt on les voit apparaître, fendant les airs de leurs ailes rapides; soudain ils calment le souffle des vents violents, ils apaisent les flots de la mer écumante, et leur présence est, pour les matelots, le présage d'une heureuse navigation^. » Ces effets salutaires de l'intervention des Dioscures ne correspondaient-ils pas, à l'origine, d'après l'explication donnée plus haut, à l'apparition du soleil ou de la lune, astres sauveurs, qui brillent, après la tempête, dans un ciel serein, au-dessus d'une mer pacifiée? Quelquefois cette ëpiphanie (èxi^ivîta) des Dioscures avait une autre forme. Les flammes phosphorescentes qui, par les temps d'orage, voltigent sur la mer, trahissaient, d'après les super-
jf
1. Herod., IX, 73. Plut., VU. Thett., 31-34. ApollcKl., III, 10, 7. Pausan , V, 19, 3.