LËGEKDES DE LA LACONIE ET DE LA MESSÉNIE
stitions des marins de la Méditerranée, la présence de Castor et de Pollux^ Pendant la guerre du Péloporicse, le vaisseau qui portait Lysandre fut le théâtre d'un événement merveilleux : on aperçut tout à coup deux astres brillants, à Farrière, de chaque côté du gouver* nail : on y reconnut les fils de Jupiter '. Le nom de feux de Saint- Elme, donné plus tard à ce phénomène, témoigne de la perpétuité des mêmes croyances; ce nom est, en effet, dérivé de celui d'Hélène, la sœur de Castor et de Pollux'. Dans ces feux, les anciens voyaient des astres mobiles ; c'est sans doute un des motifs qui ont fait assigner un caractère sidéral aux Dioscures, devenus, vers la fin de Thellénisme, la constellation des Gémeaux \ Mais, comme il est arrivé pour la plupart des dieux helléniques, ils ne sont pas seulement l'expression de phénomènes physiques ; ils représentent encore des idées morales. Sauveurs des navires, ils sont, par extension, les protecteurs des voyageurs, sur terre comme sur mer; les devoirs sacrés de l'hospitalité sont donc placés sous leur autorité. Pendant leur vie terrestre, ils avaient été les hôtes de plusieurs mortels, et Ton croyait qu'ils revenaient quelquefois encore dans les demeures humaines, où leur passage était marqué par des prodiges^. On leur attribuait aussi, d'après ia même idée, la fondation des Théoxénia^ de ces festins sacrés où le dieu d'un temple invitait hospitalièrement d'autres dieux, se» voisins". A une époque qu'on ne saurait déterminer exactement Jes Dioscures, déjà doués d'attributions multiples, se confondirent, pour les marins qui naviguaient dans la mer Egée, avec les grands dieux mystérieux de Samothrace, les Cabires. On trouve des traces de ce syncrétisme sur plusieurs points du continent grec, particulièrement en Phocide, à Amphissa, où une fête qui se célébrait en l'honneur de ceux qu'on appelait "Àvaxs^ TuaT^sç, était rapportée indifféremment aux Dioscures, aux Cabires, ou même aux Curetés^. Cette confusion n'existait pas encore au temps d'Hérodote, qui considère Castor et Pollux comme inconnus aux Égyptiens, tandis qu'il raconte comment Cambyse brûla les images
i. Plut.f De placit, philos. t W, 18.
i». Plut., FiY. Lys., XII, i.
3. Un écrivain du sixième siècle de l'ère chrétienne, Jean Lydus, atteste que les feux des Dioscures portaient, déjà de son temps, le nom d'Hélène : rh $k roioOrov ax>!l/Aa.... o( riiv Oiïarrav Tt/éovreç 'EXivtjv xolàoûviv {De Ostentis, 5, édit. Hase).