‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 509 sur 550 · Uiad., VI, 290. Odysè,, IV, 227. llerod., II, 112 sqq · texte numérisé non relu

Uiad., VI, 290. Odysè,, IV, 227. llerod., II, 112 sqq

LÉGENDES DE LA LACONIE ET DE LA HESSëME. 6»

Mais, d'après certaines traditions locales, Hélène avait été poursuivie par Paris et enlevée par lui pendant qu'elle chassait sur le mont Parthénios. On montrait à Sparte l'endroit oii, dans sa fuite, elle avait laissé tomber sa sandale*. C'est à peu près ainsi que, dans le Rig-Véda,

la jeune flile poursuivie par Mitra (le Soleil), perd, comme Cendrillon, Dne pantoufle qui donne à son amant la mesure de son pied, pied imperceptible : cette jeune IiUe est l'Aurore, qui, dans sa marche rapide, ne laisse presque aucune trace de ses pas*. Le récit des enlèvements d'Hélène parait correspondre à rbistoire, si fréquente en mythologie, de l'eulèvement de l'Aurore par les héros solaires. Ou bien, si l'on admet avec MM. Max Mûller et Cox, que Paris est identique au Pani des Védas, le héros troyen serait le voleur qui dérobe la brillante lumière et la cache dans la prison de la nuit*. Quelle que soit d'ailleurs

1. Ptoleni., Hepb., IV, p. 189 des Mythogr. Gr., de Wi^ilcrninon. 8. De Gubernolis. Mythol. iool.. 1. p. 35-3i de h Irnd. françaiw.

3, tiai Hûllcr, Noair. Itçont, I. II, p. 317 tnd. franï. Coi. Mylhol. of Ihe Argan Natioto. t. 11, p. 5, 75, 155.

rinterprétation que l'on adopte au sujet des événements fondamentaux de la guerre de TroieS la signification originaire d'Hélène n'est guère douteuse. Cette sœur des Dioscures, c'est-à-dire du Soleil et de la Lnoe, c'est l'Aurore : l'Aurore à l'incomparable beauté, objet d'admiration el d'amour, souvent ravie, mais qui finit toujours par revenir dans le pays qui fut son berceau.

Après la guerre, en effet, Hélène règne à Sparte, avec Ménélas son époux*. Sa mort n'est point celle d'une héroïne ordinaire. A Tliérapnaî, qui fut le plus ancien centre de son culte, on montrait la place où elle avait été ensevelie, à côté de Ménélas^ ; mais on lui attribuait l'immortalité et une puissance toute divine. Chez Euripide, c'est le dieu solaire, c'est Apollon qui enlève à la terre la fille dé Zeus pour la transporter dans les demeures étincelantes de TOlympe, où elle mène une vie bienheureuse en compagnie d'Héraclès, d'Hèra, et d'Hébé, où elle partage les honneurs de ses frères, les Tyndarides, et d'où elle étend, comme eux, sa protection sur les navires exposés aux dangers des mers^. Suivant une autre version, elle est devenue, après sa mort, l'épouse d'Achille, soit dans les îles des Bienheureux, soit dans l'île de Leucè, c'est-à-dire de la blanche lumière; et de cette union est né un fils ailé, Euphorion, qui est peut-être l'image de la brise matinale'. Elle était l'objet de grands hommages en Laconie, de la part des jeunes filles qui, aux fêtes des Héléniay faisaient des processions analogues à celles d'Artémis^; de la part aussi des jeunes mères, qui croyaient assurer à leurs enfants la beauté en les portant dans le sanctuaire de Thérapnse^ Là aussi, son culte paraît avoir été associé au culte des arbres. Chez Théocrite, quand les jeunes Laconiennes chantent l'hyménée d'Hélène et de Ménélas, elles promettent de suspendre une couronne de lotus à un platane touffu, de répandre au pied de l'arbre l'huile d'une aiguière d'argent, et d'écrire sur l'écorce : « Respecte-moi ; je suis l'arbre d'Hélène®. » Dans l'île de Rhodes, colo-

1. Pour Max Mûller, loc. cU.j le siège de Tioic « n'est qu'une répétition de ce &ié^<fe l'Orient, qui est fait tous les jours par les puissances solaires, lesqucHcs sont dcpouiUées chaque soir de leurs plus brillants trésors dans l'Occident. > Comme M. Cox, Max Mullff considère Hélène, comme équivalent à la Saramâ indienne, les deux noms étant identiques phonétiquement.

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