I.ÉliBSDES CRETOISES
qu'ils adoptèrent avec le temps qufllqueg-unes des croyances des peuples qui les avaient précédés dans celte possession ou qui la partagèrent avec eux. Les traditions religieuses de la Crète peuvent donc renfermer à la fois des cléments asiatiques, phéniciens et helléniques, qui se sont combinés dans les fables qui nous ont été transmises, et dont il est difûcile, par conséquent, de faire le départ.
Les rapports de la Crète avec la Pliénicie sont tout d'abord attestés par la généalogie d'Europe, qui a pour |ière Pbœnix, ou Agénor, premier roi Phénicien*. Les Grecs lui donnaient pour mère Tcléphaessa, dont le nom est une variante du sien et semble correspondre à la même idée'. Le mythe de son enlèvement par Jupiter et de sa traversée des côtes de Phénicie à celles de Crèleétaitcélèltredans l'antiquité. D'après la gracieuse idylle de Moschos', la jeune vierge jouait un jour, comme Perséphone , avec ses compagnes, dans des prés fleuris, sur le riva<;e de la mer, et prenait plaisir à s'y tresser de brillantes couronnes , quand Jupiter l'apcrgut et fut saiïi d'amour à sa vue. Pour éviter les éclats de la jalousie d'Hèi'a, pour tromper l'innocence de la vierge, le dieu du ciel change de forme : il devient un taureau, mais un taureau qui n'a presque rien de ses pareils. Son éclatante beauté, son air aimable et doux attirent et séduisent les jeunes filles. Europe s'approche de lui, le flatte, et s'en laisse flatter, le taureau divin lléchit les genoux devanlcelle qu'il aime, lui lèche les pieds et, par de tendres mugissements, semble l'inviter à monter sur sa large croupe. Europe se fait un jeu de lui obéir, et tandis qu'elle enlace des guirlandes autour des cornes du noble animât (fig. 174), celui-ci se relève, s'élance vers la mer et emporte à tra-
Fig. 171. — Europe sur le
le seD9 de ■ ville n oii g cllidellc > dans Carihago, CaHhrea, etc. Tc/fiWïipra, llesych., niora, noiiç, uni 'Aofiiïiwï.
t. lliad..\VI.5'H. Apollod.. Il[,1.1.
3. Chci llTgin, Fab., 17S, la mère d'Europe s'nppellc Argiopi (n Innte).