‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 514 sur 550 · IhL-ophr.. BUI. pi · texte numérisé non relu

IhL-ophr.. BUI. pi

3. Mûller-Wicscitr, Veakm. d. ail. Kuntt. 1. pi. 42. n- 180. XitliD. Coi. Mj/lh., 11. pi. 111. Il' 390.

t. Apollod.. III, 1, 2.

.'i. Atlir'n., XV, ]>l. 078. b. Ile>yc1i., t. v. Ce mot «ppirtienl pmlnlilNaMiI 1 U iDi>ni<; rvino que siia,-. i.;,)!.,. clc. llfîydi. , "Eii. fkttf. «fr/ij.

LÉGENDES CUÉTOISES. C19

tète est entourée, comme celle du taureau, d'un cercle de rayons (fig.176), indiquent qu'il faut voir en elle la personnification d'un météore lumineux ou d'un astre brillant. De plus, rimage d'une déesse montée sur un taureau était, à Sidon, une antique image du culte ; on la voit sur les monnaies de Cilicie et de Chypre * . Or, cette déesse est Astarté, qui, en Phénicie, se confondait avec Isis. La légende de la fuite d'Isis- Âstarté, chez les Phéniciens, se rapproche donc de la fuite d'Europe, que sa mère et ses frères ^»°-*'^^- --E"«>pes"r

* ^ le Taureau.

cherchent partout sans pouvoir la trouver*. Europe « aux vastes regards, à la large face w^, la fille de Téléphaessa « celle qui brille au loin » serait donc l'image de la lune; de la lune enlevée, le matin, par le taureau solaire, et qui réparait dans le ciel du soir, où celui-ci semble l'avoir portée, en lui faisant franchir les flots de la mer*.

Le plus illustre des enfants nés de Tunion de Zeus et d'Europe était Minos, auquel se rattachent la plupart des généalogies mythiques de la Crète. Ce personnage qui, dans l'opinion des Grecs, avait eu une existence historique, auquel Thucydide et Ârislote attribuent l'empire primitif de la mer Egée, dont ils font un vainqueur des pirates, un conquérant qui rend tous les peuples tributaires de son autorité', appartient entièrement, on n'en saurait douter, au domaine de la fiction. Son nom a été plus d'une fois rapproché de celui de Manu^ le premier homme et le premier législateur des traditions indiennes*. Dans les plus anciens textes de la poésie grecque, il est, en effet, désigné comme le roi primitif de la Crète, comme le souverain merveilleux de la vaste cité de Cnossos, où il règne a dès l'âge de neuf ans, sous l'inspiration du grand Jupiter^ ». Admis dans les conseils de son père cé-

1. Luc, de Dea Syria, 4. Mionnet, t. V, n** 251 sqq. Cf. Hœck, Creta, I, 98.

2. Observation de Hartung, Religion und Mythologie der Griechen, UI, p. 96.

3. Preller, II, p. 116-117, explique EOpwrn, sur le témoignage d'Hésychius (eupw;rov, axoTecvdv) par Tidce d'obscurité, et il voit dans le mythe de son enlèvement l'image de la disparition de la lune. De même BI. Maury, Relig. de la Grèce^ III, p. 230, n. 4. 11 semble plus naturel de itipprocher le mot de eu/9Ûu;ra, épithète de Zeus.

4. Max Mûller [fiouv. leçons. II, 184) et Cox (Myt/i. of the Aryan Nations, I, 437; II, 85) voient dans Europe l'aurore enlevée par le soleil levant.

5. Thucyd., I, 4. Arist., Polit., II, 7, 2. Cf. Grotc, Hist, de la Grèce, I, p. 256 delà trad. française.

6. Windischmann, Ursagen der arischen Vôlker, p. 11. Zeitschr» f. vergl. Sprachf., IV, 2, p. 121. Maury, Relig. de la Grèce, I, p. 377. M. Th. fienfey a, récemment, justifié ce rapprochement dans un travail intitulé : Minos, Hermès, TartaroSj Gôttingcn, Dietrich, 1877.

7. Odyss., XIX, 179. iwitapoç ^xalXtus^ àibç fxsyiXou 03(fii7r>i$. Le mot ivviùapoi peut encore bignilior « pendant neuf ans » et se rapporter soit à ,3xçt>cv« soit à oà/stmjî.

leste et instruit par lui, il est infiniment sage et infiniment juste. a Entre tous Içs rois mortels, dit Hésiode, il fut le roi par excellence; il réunit beaucoup d'hommes et de peuples voisins sous son sceptre, qui était le sceptre de Jupiter'. » Descendu dans les enfers, il exerce encore une fonction royale, en rendant la justice au peuple des ombres*.

Cette simple et antique conception de Minos, type idéal de la royauté, se trouve plus tai*d mêlée à des fables assez compliquées, mais dont les détails sont instructifs. Après Uomère et Hésiode, Minos n'est plus seulement le premier souverain de la Crète; il est l'époux de Pasiphaè, le père d'Ariane, de Phèdre, d'Androgée, de Glaucosi l'amant de Procris, de Dictynna, de Scylla, fille de Nisos. Toute une série de légendes populaires se groupe autour de son nom.

Le nom de l'épouse de Minos se rapproche, par sa signification, de ceux de Téléphaessa et d'Europe. Pasiphaè est une fille d'Hélios et de Perséis, comme Circè. A Thalamae, sur les confins de la Laconie et de la Messénie où son culte avait été porté, elle avait un sanctuaire où son image se dressait à côté de celle du Soleil son père; dans l'enceinte, coulait une source sacrée, qu'on appelait la source de Sélènè^. Ces indices font supposer que Pasiphaè est une déesse lunaire. C'est ce que prouve l'examen de sa légende. Pasiphaè est surtout connue par l'histoire de son amour pour un taureau divin. D'après ApoUodorc, à qui nous devons le récit développé de cette fable, Minos, devenu roi de Crète et voulant faire un sacrifice à Poséidon, supplia le dieu de lui envoyer un taureau pour victime. Sa prière est exaucée; l'animal soi*t des flots et vient sur le rivage s'offrir de lui-même au couteau. Mais sa force extraordinaire, sa beauté merveilleuse séduisent Minos, qui ne peut se résoudre à l'immoler. Infidèle à sa parole, il envoie l'animal dans ses étables et en sacrifie un autre à sa place. Poséidon irrité anime d'une sauvage fureur le taureau qui parcourt l'île entière en ravageant tout sur son passage, et qui inspire bientôt, par la volonté du dieu, un amour contre nature à la femme de Minos. Pasiphaè languissante, consumée d'une funeste ardeur, suit l'animal divin à travers tous les pâturages ; grâce à un artifice de Dédale, elle réussit enfin a satisfaire sa passion^. De cette union naît un être qui a la tétc

Prcllcr (11, 119)rapprodie cette période de neuf années du cycle ennéaétèrique de la religion d'Apollon.

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