Apollod., 111, 1,3. Virg.. Eclog., VI
LÉGE^nes CRETOISES. 6»
d'un taureau et le corps d'un homme, le Minotaure' (fig. 177). Cette fable, en laissant de côté les motifs qui sont inventés pour l'explication des faits, nous semble reproduire, sous une autre forme, celle d'fiuropèet de Zeus-taurcau; les rôles y sont seulement renversés. Ici comme ailleurs, plusieurs personnages, distingués par l'imagination grecque, ne sont probablement que les variantes d'un même être et correspondent à une conception unique. Hinos, le taureau de Minos, le Minotaure paraissent iden- ng. m.-wjiinouore. tiques; l'animal aime de Tasiphaè est sans
doute le même que celui qui aime Europe. Or, comme le Minotaure est souvent désigné dans les textes par les noms d'Astérios ou d'Astérion', on se trouve ainsi ramené à l'antique symbole du Jupiter Astérios de Crète, dont il a été question plus baut. La fable de Pasiphaè aurait donc pour fondement principal l'image d'une génisse lunaire amoureuse du soleil-taureau, tandis que les fables de Procris, aimée de Minos^, et de Britomartis-Dictynna '. poursuivie par le roi de Crète et se jetant dans la mer pour lui échapper, représenteraient, au contraire, le dieu solaire comme l'amant de la lune.
Cet amour de Minos est un amour généralement fatal à celles qui en sont l'objet. Scylla, fille de Nisos, qui a trahi son père pour suivre le héros crétois, a été précipitée par ce dernier, de la proue de son vaisseau dans la mer^. La jalousie de Pasiphaè est funeste à ses rivales. Elle met en usage tous les encbantemcnls dont elle a le secret* pour rendre inutiles tes infidélités de son époux. Par l'effet de ces enchantements, nous disent les mytliographes^ Minos ne pouvait avoir d'enfants; il n'engendrait que des vipères, des scorpions, des scolopendres; les femmes qui avaient commerce avec lui trouvaient la mort dans ses embrassements, quand Procris imagina de donner le changea -
1. Le Jlinolaurc Mt rcpréseiil^ su sri lulte contre Thé&ve, il eit bpivé, un gcnoa en terre, < |iour se défendre. V. OlIaJalin, ^IrcA. Btitrâge, m sq(\.
2. PiUMi... 1[, 31. 1. Apollorf.. iti, 1, ♦ : 'AiTipiû. rt. «I.j6f-T!< MnùruvpBi. PrN ife Hilet. on laifill le lonjbeiu d'Astérios. fila d'Anai, enfant de la Terre, un îles premiers rm» du pays, Soneulte orail, ditiit-on, clé apporté de Crète par Hilcto» (Plus., I, 35, S; VII, S. 5).