‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 67 sur 550 · Paus · texte numérisé non relu

Paus

A. Paus., VI, 19,12-14.

0. Y. Overbeck, Zf M», p. 11-13; Bruno, Gesch.d. Griech, KûnsUrr, 1,63, 73.

ficile de dire quel caractère ces premiers artistes avaient donné à la Ggure du dieu. Tout au plus est-il possible de retrouver quelques traces de ces anciennes représentations sur les monnaies, en particulier sur celles d'Athènes qui sont reproduites ici (fig. 6) : elles nous montrent le dieu debout, dans Tattilude de la marche , le bras gauche

étendu en avant dans une position hori- pi,. g. j^p^er archaïque. zontale, le bras droit ramené en arrière

et brandissant le foudre à la hauteur de la tète. La grandeur un peu exagérée de cette tète, la forme pointue de la barbe, le corps trapu et ramassé, la musculature fortement accusée, sont des caractères qui appartiennent à un des types les plus anciens du dieu. Mais cette image, douée du mouvement et de l'énergie de la vie, ne possédait pas encore le caractère de noblesse et de grandeur que l'imagination des Grecs voulait trouver dans la représentation du plus grand de leurs dieux.

Il faut arriver jusqu'à Phidias pour rencontrer le type idéal de Zeus, tel que pouvaient le rêver, dans la majesté de son expression et dans la beauté accomplie de ses formes, les lecteurs d'Homère. Le Jupiter Olympien de Phidias a été, dans l'antiquité, l'objet d'une admiration enthousiaste dont plus d'un écho est parvenu jusqu'à nous. On considérait comme unmalheur de ne pas être entré, avant de mourir, dans le grand temple d'Olympie. Quiconque avait eu le bonheur de contempler l'œuvre de Phidias était resté saisi, comme en présence d'une révélation sensible de la divinité, a 0 Phidias, dit un poète de V Anthologie, ou bien le dieu est descendu du ciel sur la terre pour se montrer à toi, ou bien c'est toi qui es allé contempler le dieu^ » On racontait en Ëlide que, quand l'artiste eut achevé sa statue, il pria Jupiter de lui témoigner par un signe que son œuvre lui agréait, et qu'aussitôt la foudre tomba sur le parvis du temple*. L'antiquité est unanime : le Jupiter d'Olympie est à la fois le chef-d'œuvre de Phidias et celui de Part grec tout entier. Bien que les auteurs anciens, en s'abandonnant à l'expression d'une admiration sans réserve, aient oublié d'analyser les caractères propres de cette œuvre incomparable, il est possible cependant de nous en faire quelque idée, grâce à la description sèche, mais précise, qu'en donne Pausanias ', grâce surtout au témoignage vivant de deux monnaies d'Ëlide, frappées au temps d'Adrien, et qui sont,

i. Épigramme de Philippe de Thessalonique (Anthol. Gr., II, 208, 48).

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