I. Rénexion d'Overbeck, ouv. cité
arc plus grand qu'on ne le trouve dans la nalure et dans les autres Ictes idéales des dieux ; ils vont jusqu'à entourer le coin extérieur de l'ail. Les artistes grecs avaient essayé sans doute d'éveiller par là l'impression de la mobilité de ces sourcils divins qu'on peut craindre, à chaque instant, de voir se contracter sous l'influence de la colère ; ils avaient traduit ainsi, par une forme plastique, le célèbre passage d'Homère *. Quant à la forme de la partie inférieure du visage et à celle de la bouche, elle varie suivant les expressions que les artistes avaient voulu donner à la physionomie du dieu '.
D'après ces expressions diverses, les bustes et les statues de Zeus
Fig. 9. — Batte de Juplt
plier Tdinquenr dei Tit*n>.
que nous possédons peuvent se diviser en trois classes. La première comprend les monuments qui le représentent comme le dieu trèshaut ("YiJAato;) , dans sa majesté toute-puissante et dans sa sagesse infinie. A la seconde appartiennent les images qui nous montrent en lui le dieu de la foudre et de l'éclair. Dans la troisième enfin, il faut ranger les représentations qui expriment surtout le père des hommes, le dieu bon et miséricordieux. A la tète des monuments de la pre-
ï. Voir Ovcrbeck, Zeus, p. GU-74, dontnc
iciW obterntMoa.
mière ctasee, se placo le buste, dit d'Otricoli, qui est aujourd'hui an Vatican (fig. 9). Cette tète, que l'on a conaidérée longtemps comme une copie de Phidias, n'est pas une œuvre de premier ordre, mais elle a l'avantage de nous oITHr les caractères les plus complets et les plus universels de l'idéal de Zeus. Les monuments de la seconde classe sont plus rares. Nous en trouvons un exemplaire remarquable dans un buste colossal qui est au Louvre * et ofi l'on reconnaît généralement Zeus vainqueur des Titans. La tête est plus courte que celle du masque d'Otricoli , le front moins haut; la chevelure est agitée et rejetée en arrière , comme si elle était fouettée par le vent (fig. 10). « Nous devons nous flgurer, dit H. Frôhner, le dieu debout sur son quadrige , le bras droit levé , foudroyant les Titans insurgés. »
Quant aux statues du dieu qui nous oiTrent surtout l'expression de sa douceur et de sa bonté, une des plus caractéristiques est la statue assise qui se trouve ici reproduite
(fig. H). FiB. ii. - Jupiter .«».
Les attributs de Zeus sont bien connus. Dans sa main droite est le foudre; de la
1. It* 31 de la Notice tie la Sculpture aniiqut, f toI., its K. Fiiihntr.
gauche il tient le sceptre. A ses pieds' est l'aigle, le roi des oiseaux, celui qui plane le plus haut dans Tazur céleste, celui qui semble s'élancer jusqu'à la source de la lumière que ses regards fixent sans en être éblouis. La tète de Zeus est souvent couronnée des feuilles du chêne, qui lui est consacré. L'égide dont il est quelquefois revêtu rappelle le dieu aiYioxoç- Quant au voile qui, sur certains monuments, retombe de sa tête sur ses épaules, il est un symbole du Jupiter a assembleur des nuages » qui dérobent la lumière, ou il fait allusion au nuage d'or qui, d'après le mythe homérique, enveloppa les divines amours de Zeus et d'Hèra sa royale épouse.
1. L*aiglc surmontait le sceptre du Jupiter Olympien de Phidias. Cf. Pind. Pylh.^ l, ▼. 6 et suif.