CHAPITRE III
HERA
La personne d'Hèra doit son origine à la même conception naturaliste d'où est née la personne de Zeus. Elle est la grande divinité féminine du ciel, dont Zeus est le grand dieu masculin. C'est ce qu'indiquent à la fois l'étymologie de son nom et ses divers caractères mythologiques.
Le mot ""Hpa, que l'on a comparé tour à tour au vieux mot éolien Ipa qui signifiait « la terre^ », au grec -^Spo);, au latin Aéra, féminin de herus^^ dérive, avec plus de vraisemblance, de la même racine que le sanscrit svar^ qui désigne le ciel'. La plupart des attributs du souverain du ciel sont, en effet, possédés par Hèra, qui exerce, à un moindre degré, la même action que lui sur les phénomènes célestes. Comme Zeus, Hèra gronde quelquefois dans les hauteurs de l'éther^. Avec l'aide de Borée, elle déchaîne les souffles impétueux qui bouleversent la mer'. Elle est aussi, en un sens, la déesse de l'égide, symbole de la tmepête, car la chèvre lui est consacrée, et, à Sparte, elle portait l'épithète de al^o<fi^o^^. De même que Zeus a eu pour premiers sanctuaires les sommets des montagnes, Hèra est la déesse ÀxpaCa^ que l'on.honore sur les acropoles, sur les hauteurs qui semblent s'approcher du ciel, où se forment les orages, où s'amassent les nuées chargées des pluies
i. Cette élymologie adoptée par Welcker, Griech, GôUerlehre, I, 363, est inexacte phi* lologiquement et en désaccord avec le caractère mythologique d*Hèra. 3. Creuzer-Guigniaut, Helig. de Vantiquité^ liv. VI, chap. ii.
3. Léo Meyer, Bemerk. zuràliesten Gesch, d. Gr, Myth,, p. 18. Cf. G. Gurlius, GriecK. Eiym., p. 113, 2« édit., Bopp. Vergl, Grammat., g 127, t. I, 123.