‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 73 sur 550 · IbuL, VIII · texte numérisé non relu

IbuL, VIII

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conception correspond, comme nous allons le voir, aux contrastes que présente l'aspect du ciel.

Zeus et Hèra, disait-on, s'étaient connus et s'étaient aimés longtemps avant de devenir les souverains de l'Olympe; dès le règne de Cronos, ils avaient eu des relations secrètes, à l'insu de leurs parents ^ Cette tradition, d'origine théogonique, tendait évidemment à assimiler Funion de Zeus et d'Hèra à celle de Cronos et de Rhéa, d'Ouranos et de Gsea : elle nous montre dans les deux divinités le couple immortel de l'antique mythologie arienne, dont l'union féconde entretient la vie de la nature entière. Le théâtre de la première rencontre de Zeuft et d'Hèra avait été la région des Hespcrides où croit une merveilleuse et luxuriante végétation : de la chambre nuptiale des époux célestes s'étaient échappés les flots de l'ambroisie, source de la vie immortelle*. Une image du même genre est le fonds de la légende argienne qui racontait comment Zeus, sous la forme d'un coucou, s'était uni à Hèra'. Le coucou est, en effet, l'oiseau qui, sur les branches du chêne où il se cache, annonce par son chant monotone l'approche de la belle saison et les pluies vivifiantes du printemps^. La scène de séduction de Zeus par Hèra, au sommet de l'Ida '^, offre des détails encore plus significatifs. « Le fils de Cronos presse dans ses bras son auguste épouse. Aussitôt la terre produit en abondance une végétation nouvelle. Le lotus humide de rosée, le safran, l'hyacinthe molle et touffue forment aux deux époux un lit épais où ils sont étendus, enveloppés d'un magnifique nuage d'or, d'où s'échappent des gouttes brillantes de rosée. » Cette germination soudaine du sol, ce nuage doré, ces gouttes de rosée, qu'est-ce autre chose qu'une image de la fécondité de la terre aux heures printanières, de cette « florida novitas », dont parle Lucrèce, de cette végétation dont la fraîcheur luxuriante semble due au com* merce amoureux des deux grandes divinités d'en haut, à l'action simultanée du ciel chaud et brillant et des vapeurs atmosphériques qui se résolvent en pluies pour pénétrer la terre et y réveiller la vie, assoupie pendant les longs mois de l'hiver? C'était, en effet, au commencement du printemps que le culte grec célébrait le souvenir de cette union, de ce mariage sacré (lepbç Y^l^®<?)9 comme on l'appelait'. A Ar-

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