Iliad., XIV
6. Les monuments qui représentent celle scène, fréquente surtout sur les vases peinte, ont clé l'objet d'une étude .«pécinle de la part de M. R. Fôrster : Die Hochzeil des Zeus uitd der Hera, Progr., Ureslau, 1807. Cl'. Overbeck, Griech. Kunslmylh. Uera^ chap. ii.
gos et à Samos, l'image d'Uèra, couronnée de fleurs nouvelles*, parée du magnifique costume des mariées, était promenée en grande pompe et accompagnée du cortège d'hyménée qui conduisait la vierge à son divin époux*. Cette représentation terrestre de l'hymen céleste n'était-elle pas l'image du printemps, exprimé dans l'éclat de sa beauté virginale et dans la puissance de sa joyeuse fécondité?
Si le ciel printanier éveillait des impressions de grâce voluptueuse et d'amoureuse union, le spectacle du ciel d'automne et d'hiver, souvent troublé, qui, en Grèce, vomit des torrents de pluie et où les orages éclatent avec une soudaine violence, devait suggérer, au contraire, l'idée des bruyantes querelles qui semblaient diviser les époux célestes. La lutte des éléments déchaînés était devenue, dans le langage mythologique, la colère terrible, aux éclats retentissants, de Zeus et d'Hèra, dont l'union était momentanément troublée par la discorde. Dans V Iliade f le maître des dieux rappelle à son épouse comment, un jour, il Va frappée et meurtrie de coups et comment il a précipité, des hauteurs do rOlympe, Héphtcstos qui avait essayé de la défendre' : image du ciel bouleversé, transformé en un dieu furieux qui, du sein des nuées qu'il a amassées, fustige l'air du fléau des tempêtes et précipite sur la terre les feux étincelants de la foudre. Hèra avait été condamnée par Jupiter à un autre châtiment. A chacun de ses pieds il avait attaché une enclume; il avait serré ses mains par un lien d'or d'une force irrésistible et il l'avait suspendue, ainsi enchaînée, dans l'espace cthéré, au sein des nuécs^. Zeus est, en effet, le dieu tout-puissant qui peut, quand il lui plait, condamner au repos les éléments mobiles du ciel et son humeur variable'. Mais Hèra ne subit pas, sans résistance, la puissance de son époux. Avec l'aide de Poséidon et d'Âthèna, elle aurait réussi à l'enchaîner, si Thétis n'avait appelé à son secours iEgéon, le géant de la mer*. Quelquefois elle semble vouloir faire cause commune avec les Titans vaincus, avec les puissances ténébreuses dont a triomphé le dieu brillant du cieP. Dans un moment d'irritation contre Zeus, elle enfante seule Typhaon, le monstre aux cent têtes, à la voix épouvantable, personnification du souffle impétueux de l'ouragan*. Ces
1. De là son épithète de&vBua. (Paus., II, 22, 1. Cf. 17, 2).
2. La fêle des Dédales, qui se célébrait en Béolie, sur les bords de l'Asopos et au sommet du Githéron, en l'honneur d'Hèra Nu/m^cuo/Aivn (Paus., IX, 25, 3), avait la même signification.