HÈRA
colères et ces révoltes d'Hèra indiquent qu'elle a la puissance de bouleverser le ciel. Divinité de Forage et de la teinpéle, clic est, à ce titre, la mère d'Ares. Elle prend une part ardente aux combats engages devant Troie : sa haine violente, intraitable, voudrait anéantir et dévorer les Troyens. Les jeux guerriers qu'on célébrait en son honneur près de riléra»on d'Argos, la |»rocession d'hommes armés qui faisait partie de ses fêtes à Samos*, l'épithète i^Oplosmia qu'elle portait en Klide* rappellent ce caractère belliqueux delà déesse qui peut troubler la paix du ciel, et y déchaîner la guerre.
Ce ne sont point là cependant les éléments essentiels de la religion d'ilèra, où domina de bonne heure une conception morale. Pour les Grecs, la reine du ciel fut, avant tout, le modèle sacré de la femme et le type divin de l'épouse. Elle est la déesse aux bras blancs (Xsuxw- Xîvsç) aux formes nobles et attrayantes, qui porte sur la main les Sirènes*, symboles des séductions de l'hymen : mais ses grâces sont des grâces chastes; sa beauté est une beauté digne et sévère. Unie à Jupiter dans sa première fleur virginale, elle n'a point connu d'autre amour que le sien, et, comme elle a respecté la sainteté des liens du mariage, elle n'a pu souffrir les trahisons conjugales de son époux. Elle est la pure image de la femme chaste, fidèle et jalouse. Aussi préside-l-elle, sous Tépithète de Ya[jL7;Xic;, aux unions légitimes, et le mois attique Gamélion lui est-il consacré. La mythologie avait décomposé, pour ainsi dire, ce type d'Hèra, en la représentant dans les différentes phases de son existence féminine. D'après une tradition arcadienne*, Témenos, tils de Pélasgos, avait consacré trois temples à liera : le premier à la déesse encore vierge (7:aT; ou zapOevfa) ; le second à la femme faite (TsXsia) devenue l'épouse de Zcus ; le troisième à la femme séparée de son époux (/ripa). Tantôt elle était la divine fiancée (vujjL^îuoiJLévYj ) parée du voile de l'hyraen, tantôt l'épouse qui, rejetant son voile en arrière (fig. 12) entre dans la demeure de l'époux (( pour y garder les clefs de l'hymen* », tantôt la femme qui consomme l'œuvre du mariage fovia). ^'g »*- -«"^'eau.ra Par une conséquence naturelle, elle veille sur les fruits de Tunion légitime des sexes, et vient en aide aux mères dans les angoisses de l'accouchement. Elle a pour fille Ilithyia, la déesse de