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■TTHOLOGIE. 5
60 MYTllOLOlilE DE LA GRÈCE ANTIQUE.
la maternité, et d'antiques monuments la représentent cllc-mcme, les ciseaux à la main et avec les attributs de la sage-femme*. En un mot, sa protection s'étend sur toute la vie de la femme, qui trouve en elle son modèle céleste. Ainsi les Grecs, voulant honorer l'idéal de l'épouse, tel que l'avait conçu leur morale instinctive, en avaient transporté au sein de l'Olympe la noble image.
En Grèce, le culte d'Hèra avait pour centre principal la ville d'Argos' : sur son territoire s'élevait le plus magnifique des temples consacrés à la déesse ; son image, œuvre de Polyclète, était une dés merveilles de l'art hellénique. La vénération particulière dont était entourée la déesse argienne, les fêtes nombreuses qu'on célébrait en son honneur, les légendes locales dont elle était l'objet, tout semble indiquer que là fut le berceau de sa religion, a. Les trois villes qui lui sont le plus chères, dit déjà le poète homérique, c'est Argos^ Mycènes et Sparte'. » Il semble donc que l'origine de son culte doive remonter jusqu'aux populations pélasgiques qui vinrent se fixer dans le Péloponèse. Samos, il est vrai, disputait à Argos l'honneur d'avoir institué le culte d'Hèra. Les Samiens prétendaient que la déesse était née dans leur île, sur les bords du fleuve Imbrasos,au pied d'un osier qu'on montrait encore dans l'enceinte de son sanctuaire au temps de Pausanias; ils disaient que les constructeurs de son temple avaient été les Lélèdes, peuplade primitive de l'Asie Mineure, occidentale, et un de leurs chroniqueurs, Ménodote, racontait à ce sujet une curieuse légende*. Quelques mythologues, trompés par ces traditions, ont cru que Tllèra hellénique dérivait de la déesse de Samos, qui ne serait elle-même qu'une émanation du culte de la Grande Déesse de Babylone ou l'équivalent de l'Astartè phénicienne. Cette opinion, soutenue surtout par Crcuzer^ et Bôttiger®, est en contradiction avec les témoignages les plus précis de l'antiquité. Hérodote, toujours si disposé à attribuer une origine étrangère aux divinités de la Grèce, cite formellement Hèra parmi les divinités auxquelles les Pélasges ont donné un nom'. Dans les légendes arcadiennes, comme nous Tavons vu plus haut, c'est un fils de Pélasgos qui a élevé l'enfance de la déesse et lui a érigé ses