M, Bréal, Hercule et Cocu», p
portaient le nom de Triton, el en Libye un lac appelé Tritonis. La racine de ces divers mots éveille donc nécessairement Tidée de Teau en *»énéral, et Athèna Trilogéneia est, à proprement parler, la déesse née des eaux. Une autre de ses épithctes nous reporte à la même idée : c'est celle d"'OYY* qui lui était appliquée en Béotie et où Pausanias voyait, probablement à tort, un mot phénicien *. Ogga^ rapproché du nom d'Onchestos, ville béotienne située sur les bords du lac Copaïs, d'Ogen ancien nom de TOcéan, d'Ogygès, et du sanscrit ogha^ « torrent', » appartient à une racine ayant un sens analogue à celle de Triton. Athèna, fille des eaux, est en relation nécessaire avec Poséidon. Les Minyens établis en Libye, où ils avaient apporté avec eux le culte de la déesse, prétendaient qu'elle était fille de Poséidon et du lac Tritonis *. A Phénée, en Arcadie, Athèna portait le surnom de Tvitonia et était associée à Poséidon Hippios*. Ces rapports des deux divinités revêtent quelquefois la forme d'une hostilité et d'un antagonisme. A Athènes et à Trézène, on disait que Poséidon et Athèna s'étaient disputé la possession du pays et le patronage de la cité'^. Mais leur rivalité fait encore ressortir leurs relations naturelles. Si l'on adoptait l'étymologie proposée par Max Mûller, Athèna Tritogéneia aurailélé, dans le langage primitif des peuplades maritimes de la Grèce, des Minyens en particulier, la déesse qui sort des eaux% c'est-à-dire l'ardente Aurore qui, chaque matin, émerge des flots où elle semble prendre naissance. Mais qui ne voit qu'une telle interprétation evst hasardée, puisque les eaux où Athèna a son origine peuvent être, non celles qui entourent la terre ou qui arrosent le continent, mais les eaux célestes enfermées dans le nuage orageux? L'explication du mot Tritogéneia peut donc donner raison à la fois à M. Max Mùller el à M. Schwartz.
L'étude du mythe de la naissance d' Athèna est beaucoup plus concluante. Dans Vlliade^ la dées»e a Zeus pour père. Elle est l'enfant chérie du maître des dieux, la fille puissante d'un père puissant (è5piîJi.o::aTpy3), celle qu'il a enfantée lui-même \ Mais le développement
i. Pausan.yiX, 12, 3.