Mi., 1,24,5; II
6. Celle signification priniilive du mol Tritogéneia élail perdue pour les Grecs. Ne voulanl pas cependanl re»ler- à court d'explications, tantôt ils imaginèrent de faire naître la déesse sur les bords de la rivière ou du lac Triton ; tantôt, leurs grammairiens, allant chercher dans le dialecte colien le vieux mot rptroS qui si'^ni(iait « tôle, » considérèrent l'épi thète en question comme l'expression du mythe qui Taisait naître la déesse de la tôle de Zeus (Hesych., Toctm. Etym. magn.^ p. 767, 43; Schol., Aristoph., Nuh., 989; Cornu.t., De fiât. Dcor., Il', 10).
l.lliad.,\, 875,880.
complet du mythe ne se présente à nous que dans l'hymne homérique consacré à la déesse. « Jupiter aux prudents conseils l'enfanta luimême de sa tète auguste, toute revêtue d'armes guerrières, d'armes dorées et étincelantes. A cette vue, tous les immortels sont saisis d'étonnement et de respect. Devant les yeux du dieu qui tient Tégide, soudain, impétueusement elle s'élance de la tète immortelle, brandissant une javeline acérée. » L'impression produite par cette redoutable apparition se communique* des dieux à la nature entière. « Le vaste Olympe fut profondément ébranlé par l'élan impétueux de la déesse aux regards étincelants. La terre retentit avec un bruit terrible ;
la mer s'agita et ses sombres vagues se soulevèrent Dans le ciel,
le fils brillant d'Hypérion arrêta longtemps ses coursiers aux pieds agiles, jusqu'à ce c|ue la vierge Pallas-Athènè eut enlevé de ses épaules immortelles les armes divines ^ » N'est-il pas évident que ce saisissement des dieux et ce bouleversement de la nature ne peuvent s'expliquer par la conception de l'aurore, qu'ils se comprennent au contraire facilement, si l'on admet, avec M. Schwartz, qu'Athèna a été, à l'origine, une personnification de l'éclair? Les détails dont devait s'enrichir ce mythe populaire, souvent traité par les poètes, souvent reproduit sur les vases peints', ne sont que des images nouvelles et plus précises de ce même phénomène. Pindare nous montre llèphaîstos fendant de sa hache d'airain le front de Zeus, d'oii s'élance Athèna poussant un long cri de victoire'. La tradition qu'il rapporte n'avait-elle pas dû naître au spectacle du ciel d'orage qui, sous la violente action du feu électrique, semble s'ouvrir et se fendre pour livrer passage au jaillissement de l'éclair, à Télan triomphant d'Athèna? La fable, telle qu'on la racontait en Crète, est plus caractéristique encore. La déesse, disait-on, était cachée dans un nuage : Jupiter avait heurté ce nuage de la tête, ou l'avait frappé violemment pour en faire sortir sa fille*. Enfin, une légende rhodienne racontait que Jupiter, au moment de la naissance d'Athèna, avait versé du haut du ciel une abondante pluie d'or, qui avait fertilisé les campagnes de Rhodes ^. L'action fécondante des eaux célestes sur la terre n'est-elle pas souvent, en effet, la suite de l'apparition de l'éclair au sein des nuées orageuses? Le mythe de la naissance d'Athèna n'était pas seulement un thème
i. Hymn. Hom., XXVIII, 4-10.
2. Élite céramographiqiWt I, pi. 54-05. Cf. 0. BcnndorC, Annal. Inst. Arcli , 4805, p. 473, sqq.