‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 88 sur 550 · l-au»ll. IX, i, I · texte numérisé non relu

l-au»ll. IX, i, I

3. «■lll.;r.\Vieï(!lcr, Ueiikm. il. ait. KuiM. I, iil. XX, il- lOi. Cf. Betilc, J/omiairs <('.•!- Ihèun, |i, 51)4. Hniim, Griech. KàiMler, I, p. 181 ; Gcrlianl. Mineruriiidola, iï,1.

le temple de Nîkè Àjitéros (la Victoire »ans ailes) , se limitant sans doute de fixer ainsi pour toujours dans l'enceinte de leur acropole la triomphante déesse.

Du caractèi-e guerrier J'.Vllièna dépend son rôle de déesse 'l-^it, c'csi-à-dire ses rapports avec les clicvaus et avec l'art de les dompter. Athèna Uippia avait en Grèce plusieurs autels et un culte eu divers lieux, où elle était associée à Ares Hippies et surtout à Poséidon Hippios '. On se rappelle que le cheval de bois qui fut la cause de la ruine de Troie était une oITrande consacrée à Atlièna. A Corinlhe, elle portait le surnom de XaXivït;;. déesse du frein'. A Atlicnes, elle avait enseigné à Éricliilionios à atteler les chevaux aux chars, et les ruines du fronton occidental du l'arthénon nous montrent encore Atliéna domptant, en présence des dieux cl des héros de l'Altique, les coursiers formes par Poséidon, qui se retire vaincu de la lutte (lig. 16). Cette rivalité des

deux divinité.s /illrstc que le cheval leur était éi^alement consacré. Mais si, dans la religion de Poséidon, le cheval paraît être l'image des vagues bondissantes de la mer et des sources qui jaillissent du sol, il ne peut en être de même dans la religion d'Athèna. L'épi thète d'Hippia rappelle-t-elle, comme le pensaient les Arcadicns*, la part qu'Athèna avait prise à la (iigantomachie en lançant son quadrige contre les ennemis des dieux? Ne se rattache-telle pas, d'une façon plus générale, à la conception de la déesse guerrière qui, debout sur son cliar de bataille, lâche les rênes à ses coursiers dociles et les précipite dans la mêlée?

Li déesse belliqueuse qui donne ta victoire est, par une conséquence

naturelle, celle qui assure à ses peuples favoris les bienfaits de la paix. Athèna-Polias préside donc à la vie pacifique des cités aussi bien qu*à leur vie guerrière. A ce litre, elle est la déesse BcuAaia, sous les auspices de laquelle se place le sénat d'Athènes, la déesse 'X-^opaix qui, dans les assemblées populaires, inspire l'éloquence des orateurs et la sagesse politique des citoyens; elle a institué l'Aréopage et fondé les principes humains du droit altique. Son action s'étend plus loin que la cité : elle est la protectrice des associations politiques qui unissaient entre eux des peuples de même race ; elle préside à la confédération béotienne qui se réunissait près de son temple à Coronée, à la ligue achécnne de Fatras^ Comme, au sein de la paix, les générations peuvent grandir et se développer à l'aise, Athèna était quelquefois considérée comme une déesse nourricière. Au moment de la naissance d'Erichthonios, l'homme légendaire primitif de l'Attique, Athèna avait reçu le nouveau-né des mains de Gîea, l'avait pris sur ses genoux et lui avait donné les soins maternels * ; plus tard elle l'avait élevé. D'après une idée analogue, elle était honorée par les femmes d'Élide sous le nom de Myjtt^P*. C'est sans doute parce qu'elle entretient et développe la force de la jeunesse qu'elle devint une déesse de la santé, Athèna Hygieia, à laquelle on attribuait des guérisons extraordinaires. Pendant la construction des Propylées, raconte Plutarque*, l'architecte Mnésiclès, étant tombé d'un échafaudage, se trouvait dans un état désespéré et était abandonné des médecins, quand Athèna apparut en songe à Périclès et lui indiqua le moyen de ramener promptemcnt le malade à la vie. En souvenir de cette guérison miraculeuse, Périclès éleva à la déesse 'l'Yista une statue d'airain dont on peut voir, aujourd'hui encore, la base et l'inscription dédicaloire près des Propylées*. Au Pirée et à Oropos, elle portait, dans le même sens, le surnom de na'.(i)v{a et se trouvait associée à d'autres divinités médicales, telles qu'Apollon Pajonios et Panakeia*.

Tous les travaux de l'art et de l'industrie, dont la paix conquise par Athèna favorisait le libre développement, rentraient également dans les attributions de sa divinité. C'est à elle qu'on faisait remonter l'origine des plus humbles métiers, comme la mise en œuvre des plus nobles conceptions artistiques du génie humain. Le pauvre potier du petit poëme du Caminos l'invoque comme sa déesse protectrice ; c'est

1. A Palras, elle portait le surnom de Panachaiis ^Pau.«., VII, 20, 2!.

2. Voir la représeulalion de celle scène, Étite Cèram., I, 84, 85 a.

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