‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 91 sur 550 · A MENA · texte numérisé non relu

A MENA

N'esl-elle pas sortie de la tèle du dieu suprême, et Jupiter ne s'est-il pas assimilé Métis? Elle sera donc rintelligence, considérée dans son type divin. Si ce caractère de la déesse s'est développé surtout en Attique, faut-il s'en étonner, et la personne d'Athèna ainsi conçue n'élaitelle pas Tidéal nécessaire de la race privilégiée qui a donné naissance à toutes les merveilles du génie humain?

Sa légende, d'ailleurs, est complètement libre de ces impuretés qui, dans les fables divines de la Grèce, révoltent si souvent les scrupules de la morale moderne. La déesse n'est pas sortie des entrailles d'une mère : Jupiter a été son seul générateur. Immaculée par sa naissance, elle reste immaculée dans sa vie divine. Les récits de son union avec llélios, avec Hèpha^stos, avec Héraclès, sont, en effet, les inventions de mythographes qui altéraient sur ce point l'antique tradition. <c La déesse fuit la couche nuptiale, dit l'auteur d'un hymne homérique; son cœur est insensible aux désirs de l'amour. » Elle était donc le type même de la virginité, et les Athéniens avaient fixé cette idée dans le nom qu'ils donnèrent au plus magnifique sanctuaire de la déesse : le Parthénon. La fête des Bains de Pallas, qui se célébrait tous les ans à Argos\ l'histoire de Tirésias aveuglé pour avoir aperçu la déesse dans sa nudité, rappelaient encore cette inviolable et éternelle virginité d'Athèna*. L'idée de sa florissante jeuiiesse avait élé peutêtre exprimée à l'origine par le nom de Pallas y qui est l'apposition ordinaire de celui d'Athèna. D'après l'étymologie la plus probable, ce mot est un synonyme deCorè' et a la même signification que l'épithète de Coria, qu'elle portait en Arcadie *. Mais certains mythographes, ne pouvant s'expliquer le sens de ce mot, imaginèrent de considérer Pallas comme une personne distincte de celle d'Athèna. Tantôt ils en firent une fille de Triton, élevée avec la déesse, animée comme elle de goûts belliqueux, qui un jour était entrée en lutte avec elle et avait succombé sous ses coups*. Tantôt Pallas est un géant, père d'Athèna, tué par sa fille pour avoir essayé d'attenter à sa virginité^. Mais ces histoires, qui ne dérivent pas d'une source populaire, ont élé

1. Voir rhynine V de Callimaque, qui a pour litre : Bains de Pallas.

2. H. Max MCiller {Nouv. leçons» 11, p. 255, trad. française), clierche à expliquer cette virginité par la conception de l'Aurore. Dans les Védas, Ushas (TAurore), est appelée, dit-ii, « la jeune vierge, au corps inunaculc. » Mais, chez les Grecs.Ëos, l'Aurore personnifiée, csl au contraire une déesse amoureuse qui enlève plusieurs beaux jeunes gens : Céphalos, Clyios, Tithon, etc.

3. UiAXai parait identique à ;râ>/aÇ, Jeune garçon ou jeune fille. Cf., chez les Grecs modernes, le mot 7caÀ/ï7icâ/3(, qui désigne un lionnue dans la Heur de l'âge.

Page 1