‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 92 sur 550 · Pau8an.,VUl · texte numérisé non relu

Pau8an.,VUl

4i. Id.y I, 6, 2. Tzctz. ad. Lycophr., 355.Pallas est un géant de la Théogonie, v., 376; 383.

sans influence sur la légende dominante de la déesse, où elles ne sont pas entrées. Pour les Grecs, Pallas-Athèna fut toujours une seule et unique divinité. Pallas fut la jeune et forte vierge, ou, suivant une fausse interprétation du root, la déesse guerrière qui brandit sa redoutable lance*.

A côté des légendes et des épithètes d'Athèna, nous possédons une autre source d'informations qui n'est pas à négliger, si Ton veut définir exactement les caractères essentiels de la religion de cette divinité : je veux parler des cérémonies de son culte. Ces cérémonies, qui remontaient pour la plupart à une haute antiquité, eurent, à leur origine, une signification précise : elles étaient évidemment en correspondance intime avec la nature et les attributions de la déesse. Si Ton pouvait en découvrir le sens primitif, il n'est pas douteux que la mythologie d'Athèna s'éclairerait d'une lumière nouvelle. Malgré l'incertitude où Ton est encore à l'égard de quelques-unes de ces questions, il peut donc être utile de fixer notre attention sur le culte de cette divinité, là où il a atteint son plus complet et son plus riche développement, c'est-à-dire à Athènes. Nous devrons trouver dans cette rapide étude, soit la confirmation de quelques-unes des idées précédemment exprimées, soit des détails nouveaux, en rapport avec la religion locale de l'Attiquc, et qui compléteront le tableau que nous avons essayé de tracer.

Outre le petit temple d'Athèna-Nikè, il y avait sur l'acropole deux grands sanctuaires consacrés à la déesse : l'un, qui fut rebâti à l'époque de Périclès à la place d'un sanctuaire plus ancien détruit par les Perses; c'était le Parthénon, dédié à la déesse Vierge; l'autre, également reconstruit pendant la guerre duPéloponèse, mais d'une origine plus ancienne encore que le premier ; il était consacré à Athèna-Polias et s'appelait encore l'Erechthéion. C'était dans ce dernier temple qu'on conservait l'antique image de bois de la déesse, que l'on prétendait être tombée du ciel ; on y montrait l'olivier sacré, les tombeaux des anciens héros de l'Attique, les traces de la lutte d'Athèna avec Poséidon, et des monuments qui rappelaient le souvenir des premières familles sacerdotales qui furent attachées au service de son culte. Malgré les magnificences artistiques du Parthénon, nul doute que, poîir les âmes pieuses, le temple d'Alhèna-Polias ne fût le sanctuaire par excellence de la divinité protectrice de la cité, celui qui exerçait le plus grand prestige religieux et était l'objet de la vénération la plus profonde. Le

1. De 7ra/>«, agiter (Plat. Cratyl., p. 406). Suivant les Orphiques. Athèna avait porté dans le sein de Zcus le cœur encore palpitant {naXXoiUvriv xTipiiav) de Dionysos. De là, son surnom de Pallas.

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double nom de ce sanctuaire nous indique en même temps que la religion d'Athèna y était associée aux honneurs (|ue Ton rendait au héros Érechthée. Or, Érechthéc, premier roi de l'Attique, premier serviteur de la déesse, nourri et élevé par elle dans son temple, esl, d'après les plus anciennes traditions, le fils de la Terre, Tenfant du sol de la féconde vallée d'Athènes. Athèna-Polias est de même en rapport avec Érichthonios, fils du dieu du feu Hèphsestos, né du sol comme Érechthée, comme lui recueilli par la déesse qui avait présidé aux soins de son enfance, et qui l'avait confié aux trois filles de Cécrops, Aglauros, Ilersé et Pandrosos*. Le nom d'Érichthoiiios éveille l'idée de la fécondité de la terre dont il e^t le génie bienfaisant. Quant aux trois jeunes filles qui ont veillé sur son enfance, Hersé et Pandrosos, sont, en grec, les noms mêmes de la rosée ; Agraulos ou Aglauros est en rapport soit avec le sol cultivé, soit avec l'éclat de la lumière céleste. Ces filles de Cécrops, premières prêtresses d'Athèna dont elles habitaient le sanctuaire, n'ont été probablement à l'origine, comme le remarque Preller*, que des épithèles de la déesse; épithètes détachées d'elle plus tard par l'imagination populaire, qui en fit des personnes distinctes. Ces épithètes, entendues dans un sens plus large qu'on ne le fait d'ordinaire, nous paraissent se rapporter à la conception d'Athèna, déesse de l'éclair, par suite, de la rosée céleste, ou de la pluie d'orage, qui, en humectant le sol de l'Attique, fait grandir à Athènes Érichthonios, c'est-à-dire la riche végétation de la vallée du Céphise.

Une idée analogue avait été l'origine de la cérémonie qu'accomplissaient tous les ans, au mois de Skirophorion, les Ërrhéphores ou Arrhéphores, On donnait ce nom à deux jeunes filles, âgées de sept ans au moins, de onze au plus', choisies parmi les plus nobles familles d'Athènes, et qui passaient une année entière sur l'acropole, dans une sorte de sainte retraite, au service de la déesse. La veille de la fête, la prêtresse leur remettait, à la faveur des ombres de la nuit, des objets mystérieux, déposés dans des corbeilles. Les deux jeunes enfants chargeaient ces corbeilles sur leurs têtes, descendaient les degrés qui conduisaient de Tacropole à la ville, et se rendaient dans une enceinte sacrée, située près du sanctuaire d'Aphrodite aux Jardins : là s'ouvrait un souterrain naturel où elles pénétraient pour déposer leur fardeau et pour en prendre un autre, également mystérieux, qu'elles portaient,

1. Noiis aurons l'occasiun de ro venir, avec plus de développement, au liv. IV, chap. ni, 1, sur ces divers personnages des légendes altiques. Nous nous bornons ici à indiquer leurs rapports avec Athèna.

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