Voir Heulé, Acropole d'Athènes, l. II, p. 151 et suiv
voulu donner à la déesse le spectacle des infirmités et des laideurs de la vieillesse ; elle accordait un prix à la tribu qui l'emportait dans ce concours de la majesté et de la beauté séniles. A la suite défilaient des groupes d'hommes armés, des chars, des cavalcades formées par les éphèbcs^ Un tel cortège était celui qui convenait à la déesse belliqueuse, à la déesse Hippia qui, la première, avait dompté les coursiers de TAttiquc.
Les jours qui avaient précédé la solennité avaient été remplis par des jeux et des courses de toute nature : c'étaient des courses de chars dont l'institution remontait au roi mythique Érichthonios ; des jeux gymniques dont les vainqueurs recevaient comme prix un vase d'huile tirée de Tolivier sacré ; des luttes nautiques entre les trirèmes de chaque tribu * ; des courses aux flambeaux, exécutées à l'entrée de la nuit% qui rappelaient Téclat dont la déesse illumine le sombre ciel. A ces luttes de Tagilité et de la vigueur physiques s'ajoutèrent, dès le temps des Pisistratidcs, des concours de rhapsodes chantant à tour de rôle les poésies homériques ; et, à l'époque de Périclès, dans l'Odéon bâti par lui à cet effet, des concours entre les aulètes, les citharistes, les danseurs, les chœurs cycliques, qui tous rivalisaient de talent pour conquérir les prix institués par la nmniticence de la cité, et qui, par les séductions de leur art, contribuaient à la beauté et à l'éclat de cette fête, qui n'avait de rivales que dans les magnificences des Éleusinies et dans la pompe des grandes Dionysiaques.
Nous nous bornerons à quelques brèves indications sur les représentations artistiques d'Athèna*.
Parmi les images les plus anciennes de la déesse, on donnait le nom de Palladion à celles qui la représentaient debout, brandissant un javelot, le bouclier en avant, dans l'attitude d'une divinité guerrière qui honore les cités de sa puissante protection*. Ces idoles, que l'on prétendait être tombées du ciel, étaient l'objet d'une vénération toute particulière, et l'on croyait que la fortune des cités était attachée à leur possession. C'est ainsi que les Troyens commencèrent à désespérer du succès de leur cause et à sentir que la ruine de leur ville approchait, quand leur Palladion eut été enlevé secrètement par Diomède et par Ulysse. On racontait les voyages et les aventures de ce Palladion célè-