‹ Mythologie de la Grèce antiqueChapitre 98 sur 550 · Plin., Uixt. nat., VII, 34, 54; Himer., Orat., xxi · texte numérisé non relu

Plin., Uixt. nat., VII, 34, 54; Himer., Orat., xxi

6. Sur Atlièna Parthènos, voir d'abord les léinoit^nuges antiques: Pniis., I, 2i, 5; 7; Plin., XXXIV, 54; XXXVI, 18; Maxim. Tyr., Dissert., xv, (i. Parmi les modernes, Brunn , Gesch. d. griech. Kûnstler, I, 178; Conze., die Athetin Statue des Phidias im Parlhenon ; Ilichaelis, der Partlienon, 260-284.

le centre était orné tic la tête de la Gorgono, Sur le dnvant du cn<tqiie on voyait un sphinx ; sur les calés, des gry|ihons. La main gaiiciic portait une Victoire ; la main droite tenait la lance posée verticalement, le

tig. n. — SUtue

long du corps. Aux pieds de la statue se déroulait le serpent c à la déesse ; sur le sol était posé le bouclier, orné de ciselures qui représentaient à l'extérieur le combat des Amazones, à l'intérieur la lutte des dieux et des géants. La statue que reproduit le dessin ci-joint

NTIQUE.

jvre de Phidias, ne peut

(fig. 18) et qui parait une imitation de i'œi nous en donner qu'une idée assez imparfaite.

Toutes les statues de la déesse que nous possédons peuvent se diviser en deux classes. Quand elle est la déesse guerrière qui s'avance au combat ou qui est engagée dans la lutte, elle est vêtue de l'ancien chiton hellénique et complètement armée : l'égide, liérissée de ser-

pents, revêt sa poitrine ou s'étend sur son bras gauche comme un bouclier; sa main droite, ramenée en arriére, brandit la lance. L'eipression de sa physionomie est sombre et redoutable, le mouvement du corps liaitli et impétueux, comme on peut le voir sur une statue de style hiératique provenant d'Herculanumffig. 19). Quand elle est à l'état de repos qui indique la divinité pacilique, elle poric un grand manteau >iux vastes plis, qui enveloppe tout son corps, qui cache ses attributs guerriers el donne à la représenlation un caractère de grandeur et de majesté. Le casque, rejeté en arrière, laisse à découvert sa noble ligure.

Ot KÏTIIOLOGIE UE LA GKËCE ANTIQUE.

La pureté du front, la imesse du visage, qui n'a rien de l'ampleur de

celui d'Ilèra, l'expression pénétrante des yeux, la sévérité de la bouclie.

la fermeté du menton, tout annonce sur cette figure divine le règne de l'intelligence souveraine (lîg. 20 et 21) '.

CUÂPITRE V

Le nom d'A^oXXwv, ou 'A-^r^XXwv sous sa forme la plus ancienne*, a été, dans Tantiquité et surtout dans les temps modernes, l'objet d'éty* mologies très-diverses dont aucune n'est complètement satisfaisante. Se résoudrait-on à accepter la plus récente, la plus vraisemblable de ces explications, et à considérer le mot 'AzoXXwv comme équivalent à 'AA£5(Kay,o;*, on ne voit pas qu'une telle épitliète qui, en Grèce, appartient à plusieurs divinités à la fois, soit assez caractéristique pour qu'elle puisse nous apprendre quelque chose de la nature primitive du dieu. Mais, si le nom d'Apollon a résisté jusqu'à présenta l'analyse étymologique, celui de <^ot6oç qu'on rencontre dès les poëmcs homériques comme son apposition ordinaire, est beaucoup plus clair. Ce mot, qui s'est conservé dans la langue poétique comme un qualificatifs, a un sens très-précis : il se rattache à la même racine que çwç et il exprime la même idée. Le dieu Phoibos est doue, littéralement, le dieu lumineux, le dieu brillant. D'autres épithètes d'Apollon servent de confirmation et de développement à celle-ci. Elles le désignent comme le dieu Lykeios, c'est-à-dire le dieu de la lumière, comme le dieu Aiglètès (au brillant éclat), comme le dieu A'an/Aos et Chrysocomès (à la chevelure blonde ou à la chevelure dorée). Ces épithètes sont déjà des indices de la nature solaire d'Apollon, qui, contestée jadis par Otfried MûUer, est aujourd'hui à peu près universellement reconnue. Du soleil seul

1. De là le nom du mois delphien 'AistXlaïoi. En Tbessalie, "krciX'j^oiv est devenu Wir^ouy. Plat., CratijL, 405; Corp.lrucr., 1766. 1767.

2. Du verbe àniX'Jta = vTttifr/a (Hésych. Etym, M., 120, 52). Welcker [Griech, Gôlt, I, 460) rapproche 'Ani/Jiwv de Udepyoi =^ i/.^i ttfj-/oij. Cf. Prellor, I, 183, Gerhard, (^/icc/i. Mijlh., §2%.

3. Esch., Prometh.t 22 : ^/coo ^jocC»? yAoyt. Cl. ^^otê/j épitliète d'Aitéiiiis ou di» la luue.

96 MïriIOLOGIE DE LA GRÈCE ANTIQUE.

aussi les Grecs pouvaient dire qu'il était àsi^EvéTY];, celui qui renaît sans cesse, dtK£p(7£x6|ji.y)ç, celui dont la rayonnante chevelure n'est jamais coupée, £xaTY]66Xo;, celui dont les traits atteignent et frappent de loin. Mais, si expressives que soient ces qualifications diverses, c'est surtout dans les mythes dont se compose la légende d'Apollon qu'il nous faut chercher la trace des impressions qu'avait éveillées dans l'âme des Grecs le spectacle du soleil, considéré par eux comme un être divin dont ils racontaient la naissance, les voyages, les triomphes et les laborieuses épreuves.

Le plus ancien récit de la naissance du dieu nous est offert par l'hymne homérique à Apollon Délien, dont plusieurs détails sont assez significatifs pour nous permettre d'entrevoir le sens premier et l'origine naturelle du mythe. Apollon va naître de l'union de Zeus et de Lèto. Or Lèto, comme les anciens l'avaient déjà supposé*, est une personnification de la nuit : la Nuit, qui, dans les vastes cmbrassemcnts du ciel, conçoit le dieu du jour et dont les flancs obscurs recèlent le germe de la sainte lumière. Mais, avant d'enfanter, la Nuit est, pendant de longues heures, en travail. Le poète racontait donc comment Lèto avait erré de contrée en contrée, cherchant partout un asile pour sa délivrance, jusqu'au moment où elle était arrivée à Dèlos, qui seule avait consenti à la recevoir. Dèlos, la claire, la brillante, qui s'appelait encore Astéria, semblait destinée par son nom à voir la naissance du dieu AyjX'.oç, de celui qui se révèle dans la glorieuse lumière. Pendant neuf jours et neuf nuits, suivant l'hymne homérique, Lèto fut en proie à de cruelles douleurs : elle avait autour d'elle, pour l'assister, toutes les immortelles, à l'exception d'IIèra que sa jalousie retenait au sommet de l'Olympe, où elle avait gardé avec elle Ilithyia, la déesse des accouchements. Cependant les déesses réunies autour de Léto envoient vers la demeure de Jupiter la messagère Iris, qui réussit à déjouer les artifices d'IIèra et à ramener avec elle Ilithyia. A peine celle-ci a-t-elle touché le sol de Dèlos que Lèto se sent prise des plus violentes douleurs de l'enfantement. « Elle jette ses deux bras autour d'un palmier, elle appuie ses genoux sur le tendre gazon ; «t la terre au-dessous d'elle sourit et l'enfant bondit à la lumière. Toutes les déesses poussèrent un cri de joie'. Alors, ô Phœbos, les déesses te lavèrent d'une belle eau, limpide et pure, él elles te donnèrent pour langes un voile blanc, léger

1. Plut., Iragm. de Daed.f Plat., Ô. CiHtc si^iiificntion do Lclo ressort plutôt des niyliies où elle intervioiit que de l'élyniolofçie du uiol. 11 n'est nulleuieul démontré que A>îtcû dérive de la même racine que /aèrtv. V. Cuviiiis, Grundz. der griech. Etym.^ p. 90, l'" éd.. p. 113, 2- édit.

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