Paüsanias : I
Gigantomacliie, a maintes fois fourni aux artistes le motif de grandes compositions sculpturales, qui convenaient à la décoration des édifices religieux1. Aussi peut-on suivre facilement le développement du type figuré des Titans. La tradition artistique semble avoir accentué, par une sorte de progression, le caractère monstrueux de ces fils de la Terre.
Sur les monuments les plus anciens, tels que le fronton du Trésor des Mégariens à Olympie et les métopes du temple le plus méridional de Sélinonte, les Titans ont la forme humaine ; ils combattent, suivant la description d’Hésiode, « tout brillants de l’éclat de leurs armures et brandissant de longues lances2 ». Au ive siècle, sur les bas-reliefs de la frise du temple d’Athéna Polias à Priène, ils ont déjà la forme anguipède et sont ailés; leurs cuisses se terminent en queues de serpents, recouvertes d’écailles. Plus tard encore, les sculpteurs de la frise du grand autel de Pergame développent ce thème avec une étonnante fécondité d’invention. Parmi les Titans qui combattent contre les divinités coalisées, les uns ont l’aspect de jeunes héros : ainsi, dans le groupe d’Athéna, Gæa implore la pitié de la déesse pour un jeune Titan à forme humaine. D’autres, munis d’ailes immenses, dressent contre les dieux les têtes des serpents qui terminent leurs cuisses ; d’autres enfin ont un buste de lion ou une tête de taureau. Avec le sentiment dramatique et le goût un peu théâtral qui caractérisent l’art sous les successeurs d'Alexandre.