‹ Mythologie figurée de la GrèceChapitre 126 sur 152 · Iliade : VIII, 70. ...Suo xîipe ravyiXeYÉoç ôavàroio · texte numérisé non relu

Iliade : VIII, 70. ...Suo xîipe ravyiXeYÉoç ôavàroio

terribles, sanglantes, insatiables », se disputant les guerriers qui tombent. « Toutes étaient avides de boire le sang noir. Quand elles tenaient un guerrier gisant sur le sol, ou qui venait de tomber, elles enfonçaient leurs grands ongles dans sa chair, et son âme s’en allait dans l’Hadès, dans le Tartare glacé1 ». Certaines peintures de vases offrent le commentaire figuré des vers d’Hésiode. Sur un vase à peinture noire représentant le combat d’Héraklès contre Alkyoneus, une Kère se précipite sur le mourant, et le saisit par la tête, pour boire son sang. Polygnote semble s’être inspiré d’une conception analogue, dans les peintures dont il avait décoré la Lesché de Delphes. Parmi les personnages de la scène de la Nekuia figure une image de la mort dans ce qu’elle a de plus repoussant : c’est le démon Eurynomos, « qui dévore les chairs des morts, pour ne laisser que les ossements2 ». Il est « d’une couleur bleue, tirant sur le noir, comme les mouches qui se posent sur les viandes »; il montre les dents et ronge sa proie, assis sur une peau de vautour. Toutefois, on ne saurait considérer ce lugubre personnage que comme une création isolée de Polygnote; il ne semble pas qu’il ait jamais passé dans le domaine de l’art populaire.

La conception des Kères est surtout familière à l’épopée. Au contraire, l’image de la mort, personnifiée sous les traits de Thanatos, a donné lieu à un développement artistique de plus longup durée; on en retrouve la trace jusque dans le symbolisme funèbre des Romains.

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