Pervanoglou : Grabsteine, p
2. Voir Alf. Maury î Religions de la Grèce antique , I, p. 333 ét pyiv
PRÈS de 1A stèle. (Lékythos à fond blanc du
dant la ressemblance du corps1. Dans les poèmes homériques, cette idée est exprimée avec une naïveté et une énergie singulières. L "'eidôlon (ou la ^uyVï) conserve une sorte de vie obscure; le sang qu’ Ulysse verse dans la fosse, dans la scène de la Nekuia , attire ces fantômes décolorés. Au XXIV0 chant de V Odyssée, quand Hermès entraîne les âmes des prétendants, elles le suivent, poussant de petits cris, voletant derrière lui; «ainsi des chauves-souris, au fond d’un antre divin, voltigent avec des cris stridents, lorsque l’une d’elles tombe de la roche où elles sont attachées toutes ensemble2. »
Les représentations de l’âme, sur les monuments grecs, procèdent de cette conception à demi matérialiste. Les peintures de vases montrent Yeidôlon figuré tantôt comme un oiseau à tête humaine, tantôt comme une petite figure reproduisant les traits du mort avec des proportions très réduites. Dans les scènes de combat, Yeidôlon ailé, armé comme un hoplite, voltige audessus du corps du guerrier qu’il vient de quitter. Sur les vases peints représentant Hector traîné par Achille autour de la tombe de Patrocle, une petite figure armée vole auprès de la tombe : c’est Yeidôlon de Patrocle. Une peinture murale décrite par Philostrate montrait les âmes des prétendants d’Hippodamie volant autour du char de Pélops. Quelquefois l’âme est enlevée par des génies ailés, Kères ou Harpyies. C’est un des sujets figurés sur les bas-reliefs du monument de Xanthos,
1. L'eidôlon grec offre quelque analogie avec le bai ou double dans les croyances égyptiennes. Voir G. Perrot : Histoire de l’art dans l'Antiquité. T. i, p. 129 et suivantes.